Présidence de l'UMP: Les mouvements, l'autre enjeu

POLITIQUE Les adhérents de l'UMP ne feront pas que voter pour le président du parti dimanche...

Alexandre Sulzer

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Jean-François Copé et Jean-Pierre Raffarin le 28 janvier à Paris.
Jean-François Copé et Jean-Pierre Raffarin le 28 janvier à Paris. — WITT/SIPA

Dimanche, les 260.000 adhérents de l'UMP ne seront pas appelés uniquement à départager François Fillon et Jean-François Copé. Ils seront aussi amenés à voter pour des mouvements. Six au total sont en compétition. Une petite révolution dans un parti très réticent traditionnellement à leur reconnaissance. Pourtant, l'UMP fait se côtoyer des libéraux fédéralistes, des souverainistes, des étatistes gaullistes. Des clivages que ne recoupe pas la simple opposition entre copéistes et fillonistes. Mais les mouvements «sont faits pour le débat d'idées» et non pas «pour se compter», prend-on bien soin de préciser à la direction du parti. Comprendre: attention à ne pas confondre avec les motions du PS. Concrètement, les mouvements qui récolteront au moins 10% des voix auront droit à être représentés au sein des instances décisionnaires et bénéficieront de moyens (collaborateurs, bureaux…). Mais François Fillon, que l'on sait peu enthousiaste sur le sujet, a d'ores et déjà mis en garde qu'il ne savait «pas de quels moyens financiers» il disposerait s'il était élu président.

«France moderne et humaniste»
«Plus d'entreprises, moins d'impôts», clame fièrement ce mouvement d'inspiration libérale et centriste qui est celui qui a recueilli le plus de parrainages de parlementaires (pas moins de 101, il en fallait 10 pour qu'un mouvement puisse être éligible dimanche). Fort de ce soutien, Marc-Philippe Daubresse, l'un de ses animateurs, rappelle constamment qu'il est le plus important au sein de la famille UMP. Au programme: suppression des 35 heures, baisse des charges, Europe fédérale, décentralisation…

«La Boîte à idées»
C'est le Petit Poucet de la compétition. Lancé par quatre jeunes technocrates trentenaires inconnus du grand public, ce mouvement part du constat que l'UMP est «un mouvement affaibli sur le plan de l'organisation» et propose une «thérapie de choc». A savoir une réallocation des ressources du siège parisien vers la province, une école de cadres, l'ouverture d'une permanence dans chaque circonscription… Le courant a réussi à se faire parrainer par quelques grands noms du parti comme Hervé Gaymard ou Benoist Apparu. Et bénéficie du soutien informel d'Alain Juppé et de Xavier Bertrand.

«La Droite populaire»
Plus besoin de présenter la médiatique aile droite de l'UMP. Incarnation d'une droite décomplexée, elle se veut en pointe sur les questions de sécurité, d'immigration et de lutte contre le «communautarisme». Elle assume une certaine proximité avec le FN sur les préoccupations et entend apporter des solutions musclées, mais «crédibles». Son leader Thierry Mariani a lancé en contre-feu de la concurrence que représente «La Droite forte » les «Jeunes de la Droite populaire».

«La Droite forte»
Reprenant le slogan « la France forte » de la campagne de Nicolas Sarkozy, ce courant se veut l'héritier du sarkozysme. Lancé par deux jeunes loups du parti, Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, il place la barre à droite toute avec des propositions chocs, comme imposer des journalistes de droite dans les rédactions, exiger un quota de candidats issus de l'entreprise aux législatives, inscrire la «tradition chrétienne» dans la Constitution... Grâce à sa filiation sarkozyste, ce courant serait le plus populaire chez les sympathisants, selon un sondage Atlantico-OpinionWay publié en septembre. Mais il énerve en interne.

«La Droite sociale»
Deuxième par le nombre de parrainages (55), ce mouvement est le bébé de Laurent Wauquiez. Au cœur de ses préoccupations, les dadas de l'ancien ministre : la défense des classes moyennes et la lutte contre l'«assistanat». Concrètement, ce courant porte l'idée d'un travail d'intérêt général en échange du RSA, une réforme de la fiscalité, l'interdiction des stock-options, sauf pour les PME et les start-up...

«Le gaullisme, une voie d'avenir pour la France»
Ce courant, lancé par la gardienne du temple Michèle Alliot-Marie, son compagnon Patrick Ollier, Henri Guaino et Roger Karoutchi, met plus l'accent sur le rappel des valeurs gaullistes que de fournir des propositions: Europe des nations, primauté de l'Etat, souveraineté de la France, participation des salariés.

Attaque

Dans une interview au Journal du Dimanche, François Fillon estime que «cliver pendant la campagne pour ensuite essayer de tendre la main à tous les Français, c'est un peu facile. Moi, je ne tiens pas de double discours: un pour les adhérents et un pour les Français.» Une critique frontale contre Jean-François Copé, accusé aussi de «rechercher le buzz à tout prix».