Présidence de l'UMP: Une campagne plus dure que... la présidentielle

POLITIQUE La campagne pour la présidence du parti de droite, qui se termine le 18 novembre, impose un rythme d'enfer aux candidats...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon et Jean-François Copé aux journées parlementaires de l'UMP à Marcq-en-Baroeul, le 27 septembre 2012.
François Fillon et Jean-François Copé aux journées parlementaires de l'UMP à Marcq-en-Baroeul, le 27 septembre 2012. — A. ROBERT/APERCU/SIPA

A dix jours de l’élection du président de l’UMP, Jean-François Copé et François Fillon jettent leurs dernières forces dans la bataille. Un tempo endiablé qui exige de passer outre les problèmes de santé. Souffrant d’un calcul rénal en déplacement à La Châtre puis à Montluçon, François Fillon a ainsi dû être transporté dans la soirée à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris. Selon son entourage, qui prend soin de spécifier que le souci de santé est bénin, le Premier ministre devrait reprendre sa campagne ce week-end ou lundi.

Cette campagne à l’UMP est une première à droite tant par sa nouveauté –c’est la première fois que le président du parti né en 2002 va être élu par les militants le 18 novembre prochain-, que par son intensité, avec des déplacements quotidiens composés de deux à trois étapes. «Depuis le 26 août à Châteaurenard, où j’ai annoncé ma candidature devant 3.000 personnes, jusqu’au 18 novembre, j’aurai fait 100 meetings. J’aurai été dans la quasi-totalité des départements, j’aurai vu pas loin de 50.000 à 60.000 militants», déclare notamment Jean-François Copé à 20 Minutes mardi.

«Un moment convivial, mais extrêmement épuisant»

Cadence intense également du côté du François Fillon, souligne Jérôme Chartier, porte-parole de campagne du candidat. «Le nombre de déplacements de François Fillon est incommensurable depuis cet été! C’est un rythme effréné», souligne le député du Val-d’Oise. Car un déplacement ne correspond pas seulement à un discours: il y a les heures de transport, en voiture et en train, «à lire, à se reposer», les discours, les questions-réponses, les échanges avec les militants, les déjeuners, les dîners publics, les rencontres avec les cadres UMP locaux, sans oublier les interviews aux médias. Sur ce dernier point, Jean-François Copé se plie très souvent à l'exercice, plaisantant à l’occasion sur son tour de France des stations France Bleu et des France 3 régionales.

«Sur place, François Fillon répond aux sollicitations, fait le tour des tables quand c’est un déjeuner ou un dîner. C’est un moment convivial, mais aussi épuisant», continue Jérôme Chartier. Et quand les soirées finissent tard, le candidat dort sur place «plus d’une fois par semaine, cela dépend des temps de transport entre les étapes», ajoute-t-il.

Transport entre les étapes

Alors comment être partout quand on n’a pas le don d’ubiquité? La solution est de multiplier les orateurs qui vont porter la parole de leur champion en régions: «Nous sommes à 35 orateurs pour François Fillon, avec des meetings tous les jours. Ce chiffre est unique», affirme Jérôme Chartier. C’est ainsi que lorsque François Fillon est dans les Bouches-du-Rhône lundi 5 novembre, son soutien Hervé Gaymard tient une réunion publique dans le 14e arrondissement. Rebelote le mardi avec Fillon à Saint-Quentin, Laurent Wauquiez à Thionville, tandis qu’Arnaud Robinet et Jean-François Lamour sont à Reims.

De l’avis des équipes des candidats, la cadence de cette campagne pour la présidence du parti est unique… dépassant même celle de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. «Durant la présidentielle, on arrivait à se relayer durant les déplacements. Là, c’est tous les jours sur le terrain, avec deux, trois villes par jour», affirme-t-on dans l’entourage de Jean-François Copé. Du côté de François Fillon, on précise que les déplacements ne sont pas «de même nature» que pendant la campagne de Nicolas Sarkozy: «On passe dans des salles de 500 à 700 personnes, on vient parler, échanger. On descend de l’estrade pour aller à la rencontre des militants. C’est une autre aventure.»