Les sénateurs communistes rejettent le projet de loi de programmation budgétaire

POLITIQUE Ils ont reçu les critiques des socialistes, Arnaud Montebourg et Bruno Le Roux déclarant que les communistes «n'entrent pas dans la majorité»...

E.O., avec agences

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Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le 5 novembre 2012 au siège de Renault, à Paris.
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le 5 novembre 2012 au siège de Renault, à Paris. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Un deuxième revers en dix jours. Le Sénat a rejeté mercredi soir le projet de programmation budgétaire 2012-2017 à 189 voix contre 152, grâce à l’opposition commune des élus UMP, centristes et communistes. 

La loi de programmation fixe les objectifs du gouvernement sur la durée de la législature, notamment un déficit limité à 3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2013 et à 0,3% en 2017 (après 4,5% cette année). Les sénateurs communistes ont justifié par «le refus de l'austérité» cette opposition à une loi «filleule du traité budgétaire européen».

«Une opposition qui est en train de se marquer trop fortement»

Un vote que déplore vivement Bruno Le Roux, qui juge que les sénateurs communistes «votent beaucoup trop souvent avec la droite». «Les élus communistes devraient s'inspirer de ce que nous faisons aujourd'hui pour discuter, pour essayer d'amender, pour essayer de travailler avec nous plutôt que d'être dans une opposition qui est en train de se marquer trop fortement», a souligné le chef des députés PS sur France 2 ce jeudi.

«Je constate qu'ils ne sont pas dans la majorité gouvernementale. Ils votent avec nous sur un certain nombre de textes à l'Assemblée, mais c'est grave de ne pas voter le budget», a insisté Bruno Le Roux.

«Nous ne sommes pas dans l’opposition»

Il a été rejoint par Arnaud Montebourg, qui a estimé que «les communistes n'entrent pas dans la majorité». C’est donc «leur choix, leur responsabilité», a indiqué le ministre du Redressement productif sur BFMTV. «Il y a ceux qui sont dans la majorité et ceux qui ne le sont pas, donc ils ont décidé d'unir leurs voix», a insisté le ministre du Redressement productif jeudi matin sur BFM TV/RMC.

«Nous ne sommes pas dans l'opposition», a contesté Marie-George Buffet sur LCI. «Nous sommes à gauche, et nous voulons que la gauche réussisse. Or, aujourd'hui, cette loi de programmation nous inscrit dans une politique d'austérité qui va nous mener à la récession», a défendu la députée communiste. Et de repousser tout soupçon d’alliance avec la droite: selon Marie-Georges Buffet, l’UMP, qui a également voté contre le projet de loi, «n'est pas dans son bon vote» car elle «s'est prononcée pour le traité Merkel-Sarkozy qui justement instaure cette austérité».

La gauche a besoin des voix communistes au Sénat pour être majoritaire. Le 31 octobre, les sénateurs du CRC avaient rejeté le texte sur la tarification progressive de l’énergie.