Jean-François Copé: «C'est en ne disant pas les choses que l'on va cliver la société»

INTERVIEW Candidat à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé s'est confié à «20 Minutes». Son rival François Fillon a décliné une interview «pour des raisons d'agenda»...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud et Alexandre Sulzer

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Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, le 6 novembre 2012 au siège de l'UMP à Paris.
Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, le 6 novembre 2012 au siège de l'UMP à Paris. — A.GELEBART/20 Minutes

La campagne pour la présidence de l'UMP est longue. Trop longue?

Pour les médias peut-être mais pas pour les militants qui sont incroyablement investis dans cette campagne. C’est à eux que revient la reconstruction de la droite et du centre droit. C’est une énorme responsabilité.

Craignez-vous des fraudes lors de l’élection ?

Disons que la confiance n’exclut pas le contrôle. Dans chaque bureau, il y aura deux assesseurs de notre camp. Je serai extrêmement attentif à ce qu’il n’y ait pas de fraude du côté de ceux qui soutiennent mon concurrent. J’imagine qu’ils seront tout aussi attentifs en ce qui me concerne…

François Fillon a bénéficié de plus de parrainages que vous. Cela vous décourage-t-il ?

C’était du bluff, au final tout le monde s’accorde à dire que j’ai eu plus de parrainages que lui.

François Fillon aurait donc menti ?

Non, disons qu’il est incontestablement meilleur joueur de poker que moi.

Mais il a reçu plus de soutiens parlementaires…

Non, entre 85 et 90 députés m’ont apporté leur soutien. Je crois que pour François Fillon, cela doit être une dizaine de moins. Mais il a plus de sénateurs que moi. Ce n’est un secret pour personne que je suis plus le candidat des militants que celui des barons.

Jean Sarkozy vous soutient. Nicolas Sarkozy s’exprime-t-il à travers lui ?

Je suis très heureux que Jean Sarkozy me soutienne. Il est une personnalité qui compte dans les Hauts-de-Seine, il sait le travail que j’ai accompli pendant la présidentielle.

François Fillon vous accuse dans une interview de «cliver» la société

C’est un argument de campagne. La vérité c’est que personne ne m’empêchera d’exprimer ce que, en tant qu’élu de terrain, en tant que maire de Meaux, les Français me confient de leurs souffrances, de leurs indignations et de leurs espérances. Ma démarche d’une droite décomplexée est un antidote à la montée du Front national. Je pense que c’est en ne disant pas les choses que l’on va cliver la société. On va accroître la césure entre Saint-Germain-des-Près et le peuple français.

Vous souhaitez organiser des manifestations contre le gouvernement. A quelle occasion ?

Sur chaque sujet majeur qui pourrait mettre en cause l’intérêt supérieur de notre nation. Ce qui est sûr, c’est que l’appel à manifester est au cœur du projet de droite décomplexée que je porte. C’est  un point de différence avec François Fillon qui résume assez bien ce qui nous distingue. Car pour moi, si on ne fait pas d’alliance avec le Front national, on ne tend pas la deuxième joue en évitant de parler des problèmes qui touchent les Français.

François Fillon aurait-il donc tendance à tendre la deuxième joue ?

En tous les cas, ce n’est pas un hasard si les thèmes de cette campagne portaient sur mes propositions. Lutte contre le communautarisme, laïcité, racisme anti-blanc, droite décomplexée, question du «ni-ni» en cas de duel FN-PS : des sujets qui marquent une vraie différence entre nous.

Quel sera votre premier geste si vous êtes élu président de l’UMP ?

Je tends la main à François Fillon en lui proposant tout de suite de rassembler notre famille autour du projet de reconquérir le cœur des Français. Et nos territoires, village par village, ville par ville.