Alain Juppé s'interroge sur l'opportunité de livrer des armes en Syrie

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Alain Juppé, ancien ministre UMP des Affaires étrangères, a estimé dimanche qu'il fallait "envisager de se passer d'un feu vert des Nations unies" s'il y avait en Syrie "un risque de prolifération d'armes chimiques".
Alain Juppé, ancien ministre UMP des Affaires étrangères, a estimé dimanche qu'il fallait "envisager de se passer d'un feu vert des Nations unies" s'il y avait en Syrie "un risque de prolifération d'armes chimiques". — Eric Piermont afp.com

Alain Juppé, maire de Bordeaux et ancien ministre de la Défense, s'est demandé vendredi «si la livraison d'armes ne devrait pas être envisagée» en Syrie, s'interrogeant toutefois sur la question de savoir «à qui» les livrer. «Il m'arrive de me demander si la livraison d'armes ne devrait pas être envisagée avec la grande question +à qui les livre-t-on?+ puisque c'est vrai qu'il y a aussi du côté de l'opposition des mouvements extrémistes et salafistes ou jihadistes. Une certaine circonspection s'impose», a déclaré Alain Juppé sur Europe1.

L'ancien ministre de la Défense a estimé que le conflit en Syrie «va durer parce que ce régime ne s'effondre pas de l'intérieur, notamment parce que certains clans jouent leur va-tout, leur survie, donc ils risquent d'aller jusqu'au bout et les morts s'additionnent». «Je voudrais aussi souligner le risque d'embrasement pour la région tout entière parce que le Liban est menacé dans son intégrité et dans son indépendance», a ajouté Alain Juppé. «On voit bien que les attentats qui se déroulent au Liban sont d'origine syrienne, à l'évidence. La Jordanie est également menacée de déstabilisation. Le risque de conflit avec la Turquie est grand», a-t-il déclaré. «Vous voyez que c'est une menace pour la paix du monde qui justifierait un plus grand engagement des Nations unies».

Interrogé sur une intervention militaire de la France, Alain Juppé déclare que «ce qui nous en empêche, c'est que nous sommes tous dans la légalité internationale. S'affranchir d'une résolution du Conseil de sécurité serait un acte de très grande gravité, personne pour l'instant n'est prêt à sauter le pas».