Congrès du PS: Ségolène Royal parle d'Europe et met la pression sur l'exécutif

POLITIQUE Lors de la première journée du Congrès de Toulouse...

Matthieu Goar, à Toulouse

— 

Ségolène Royal, le 12 septemebre 2012, à Paris.
Ségolène Royal, le 12 septemebre 2012, à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Toulouse

Finalement il y a du bon à n’être ni député, ni ministre. Battue à la Rochelle en juin et sans maroquin, Ségolène Royal n’est tenue par aucune solidarité collective. Elle est libre Ségolène. Et après des mois de diète médiatique, le temps de digérer Falorni, le tweet et la défaite, elle mitraille. Sur l’Europe mais aussi sur ceux qui ne la font pas avancer assez vite.  «Finissons-en avec ces sommets soi-disant de la dernière chance, ces réunions historiques, ces rendez-vous exceptionnels. L’Europe ne doit plus être en retard», a-t-elle lancé à la tribune du Congrès du PS où sa prise de parole était le moment le plus attendu de la journée.

Mais qui vise-t-elle? Forcément Angela Merkel et l’Allemagne dont la réticence à transformer le système bancaire est pointée du doigt. «Il y a quatre ans, les Etats s’étaient portés au secours des banques. Aujourd’hui, ils sont sous leur joug», lance l’ancienne candidate.

Pression sur l’exécutif

L’Allemagne seulement? Bien sûr, Royal reprend de jolies phrases de François Hollande dans la presse européenne, notamment «le plus grand danger de l’Europe, c’est de ne plus être aimée». Mais certaines phrases sont plus abrasives. «Nous avons défini un pacte de croissance. Mettons-le en œuvre. Ce qui compte, c’est que ces sommes soient dépensées vite et bien», glisse Royal avant de critiquer l’impératif des 3%, «qui n’est pas un objectif de civilisation».

Et l’ancienne candidate enchaîne, évoque les promesses de campagne», comme «la création d’une agence publique de notation», «la fin des marchés à terme», «l’interdiction de la spéculation». «Ces décisions n’ont pas été suivies d’effet. Il est temps de passer aux actes», analyse la présidente de la région Poitou-Charentes qui presse le parlement de mettre en place rapidement la banque publique d’investissement.

Une salve de critiques

Ce discours arrive au terme d’une semaine où Royal n’a cessé d’envoyer des piques au couple exécutif. «C'est le moment de donner (le cap), après les bonnes décisions d'urgence, (...) les Français ont besoin de comprendre le sens des efforts qui leurs sont demandés», avait-elle déclaré au Monde. A peine descendue de la tribune, Royal a relativisé devant les journalistes la portée de ses propos. «Ne me faites pas dire ce que je ne veux pas dire. Je ne suis pas dans une posture critique. Mais ayant contribué avec des millions de Français à cette victoire présidentielle, c’est notre rôle à tous de faire remonter les interrogations», lâche-t-elle.

Où la placer?

Ségolène Royal se pose en simple militante de base. Mais elle tient à exister à un autre niveau. Ce qui peut expliquer ses récentes sorties. «Le fait que, malgré mon poids politique, je ne sois pas dans le dispositif, intrigue les gens. Pour le dispositif global, ce serait bien que j'y sois», a-t-elle déclaré au Point en évoquant des «missions à l’international». Elle en aurait déjà parlé avec Hollande.

Depuis le début du quinquennat, l’Elysée et Matignon se rendent bien compte du risque de laisser Royal sur le bas-côté. Mais où la placer alors que le gouvernement est constitué, que la présidence du CES est pourvue et que le PS s’est trouvé de nouveaux dirigeants? «Elle est très importante pour la majorité. Elle accroche dans l’opinion, elle agrège, confie un dirigeant du parti. Par contre, je ne sais pas du tout quel rôle elle pourra tenir à l’avenir. Mais je lui fais confiance pour savoir très bien ce dont elle a envie.»