PS: Le blues d'un groupe pas si rose

ASSEMBLEE Le groupe socialiste du Palais Bourbon est traversé par des dissensions ces dernières semaines...

Matthieu Goar

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Bruno Le Roux, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le 17 juin 2012.
Bruno Le Roux, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le 17 juin 2012. — F. DUFOUR / AFP

Plus on est de fous, plus on crie? Fort de 297 députés, le groupe socialiste et apparentés de l'Assemblée connaît des tensions persistantes depuis quelques semaines. «C'est un vrai bordel. Les vieux semblent blasés et les nouveaux députés sont complètement perdus dans le fonctionnement d'un groupe où la discipline prime, ce qui n'est pas gratifiant», lâche un député.

«Le Roux gère intelligemment, mais son job est impossible»

Mis en cause par certains élus, Bruno Le Roux, pas assez pédagogue et trop autoritaire. Avantr le vote du traité euopéen, le président du groupe avait menacé les députés récalcitrants de «conséquences». Depuis, certains de ces députés se plaignent d'être écartés de travaux ou empêchés de prendre la parole. «Tout cela se décide lors de votes internes. C'est normal que leurs collègues leur confient moins de missions, car ils leur font moins confiance», explique Bruno Le Roux, qui affirme ne jamais avoir donné de consignes en ce sens.

Le patron du groupe se défend également de ne pas laisser assez de place aux primo-députés. «Près de 50% des rapports ont été confiés à des nouveaux députés. C'est beaucoup plus qu'en 1997», confie-t-il. Afin d'améliorer la vie de groupe, Leroux a mis en place un groupe de travail qui s'est réuni pour la première fois la semaine dernière.

«Le Roux gère intelligemment, mais son job est impossible, un exercice de haute voltige entre le groupe qui tient à sa liberté et les impératifs du gouvernement», explique Philippe Doucet, député du Val-d'Oise. Au-delà de la vie interne, une partie du groupe a l'impression d'être méprisée par des ministères, notamment à Bercy, accusé d'être trop inflexible sur les amendements proposés par les députés PS (emplois à domicile, niche fiscale d'outre-mer, etc.). «S'ils veulent un parti de godillots, qu'ils le disent, mais une nouvelle génération est arrivée et elle a envie de se faire entendre», poursuit Doucet qui, comme les autres, n'a eu que très peu de temps pour étudier le projet de loi de finances envoyé la veille du début de l'examen aux députés. «De l'amateurisme. Si j'avais été de droite, j'aurais râlé», peste un élu.