Louis Nicollin sur Georges Frêche: «Moi qui étais un peu branleur à l'école, il a su parfaire mon éducation»

POLITIQUE Deux ans après la disparition de l'ancien maire de Montpellier, son ami, l'entrepreneur et président du club de foot local se confie à «20 Minutes»...

Propos recueillis par Nicolas Bonzom

— 

Louis Nicollin, président du Montpellier Hérault Sport Club (à droite),  s'entretient avec le maire de Montpellier Georges Frêche, le 18  septembre 2003.
Louis Nicollin, président du Montpellier Hérault Sport Club (à droite), s'entretient avec le maire de Montpellier Georges Frêche, le 18 septembre 2003. — DOMINIQUE FAGET/AFP PHOTO

Le président de l’agglomération et le patriarche du Montpellier Hérault Sporting Club étaient amis. Beaucoup les disaient inséparables. Le 27 octobre 2010, Louis Nicollin était l’une des cinq mille personnes venues lui rendre hommage lors des funérailles à la cathédrale Saint-Pierre. Ensemble, ils ont bâti le club de football de la Paillade. «Loulou» rend hommage à Georges Frêche, disparu brutalement le 24 octobre 2010.

Il y a deux ans, Georges Frêche disparaissait. Ca vous arrive de penser à lui?

Bien sûr, je pense à lui. Dans mon bureau, j’ai une photo de nous à Shangaï, lors de notre dernier voyage. Il n’est plus là aujourd’hui, que voulez-vous!

Quels souvenirs gardez-vous de ce voyage en Chine, au mois d’octobre 2010?

C’était extraordinaire. J’ai vu des Chinois l’acclamer après l’un de ses discours fleuves dans une université perdue je ne sais pas où! Avec Gérard Depardieu, on était complètement sciés! C’était un grand monsieur. Quand il est devenu maire de Montpellier en 1977, la ville s’est métamorphosée. Aujourd’hui, tous veulent être ses héritiers politiques. Je crois que c’est impossible d’arriver à sa cheville.

Avez-vous des regrets?

J’aurais aimé voyager plus avec lui. C’était difficile. C’était un homme politique. Tous ces connards auraient dit «C’est Nicollin qui paye, il en profite». C’est des conneries. C’était un homme droit. Par contre, pour déconner, c’était le premier!

Ca vous chagrine qu’il n’ait pas fêté avec vous le titre de champion du MHSC?

Ca m’emmerde un peu, mais je pense qu’il a ça vu d’en haut. Toute la saison, il nous a bien aidé, c’était bien. Il aurait trouvé ça exceptionnel s’il avait été là, sur la Comédie.

Que gardez-vous de lui?

Des parties de belotes endiablées, mais pas que ça. Il m’a beaucoup appris. Moi qui étais un peu branleur à l’école, il a su parfaire mon éducation sur pas mal de choses. Il m’a fait lire des livres. Georges Frêche était un gars extraordinaire.