17 octobre 1961: A droite, on grince contre la «culpabilité permanente»

RÉACTIONS On est déjà dans un pays en dépression nerveuse quasi permanente, on n'a pas besoin de ça!», juge François Fillon…

E.O.

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François Fillon, lors d'une réunion publique à Marseille, le 11 octobre 2012.
François Fillon, lors d'une réunion publique à Marseille, le 11 octobre 2012. — K.VILLALONGA/SIPA

L’opposition grince des dents après la reconnaissance par François Hollande de la «sanglante répression» du 17 octobre 1961. Le premier à réagir a été Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée.

«S'il n'est pas question de nier» ces événements, qui ont causé la mort de nombreuses personnes, «il est intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République toute entière», a-t-il estimé, dès mercredi. «Le président de la République doit préciser si son simple et très court communiqué vaut reconnaissance de la responsabilité de la France», ajoute le député UMP.

Un Président «uniquement tourné vers la repentance»

«J'en ai assez que tous les quinze jours la France se découvre une nouvelle responsabilité, mette en avant sa culpabilité permanente. On est déjà dans un pays en dépression nerveuse quasi permanente, on n'a pas besoin de ça!», a renchéri François Fillon  ce jeudi sur Europe 1. «Bien sûr qu'on peut reconnaître!», a toutefois ajouté le candidat à la présidence de l’UMP, «mais chacun sait qu'il y a aussi les crimes de l'Algérie au lendemain de l'indépendance, le massacre des harkis, la question des archives algériennes jamais ouvertes».

Interrogé sur LCI, le député UMP Laurent Wauquiez a aussi estimé que la France était «allée très loin dans son travail d'introspection». «Je ne vois pas les pas qui ont été faits sur l'Algérie pour travailler sur sa propre histoire et qui est notre histoire commune», a-t-il noté. «Qu'un président soit uniquement tourné vers la repentance, c'est une chose mais on attend aussi de lui une capacité de dire où sera la France dans 20 ans et là je trouve moins d'énergie et de vision», a regretté l'ancien ministre.

Aucune «autorité pour reconnaître la culpabilité ou l'innocence de la France»

Plus mesuré, son collègue député Xavier Bertrand a jugé sur BFMTV que François Hollande devait «s'expliquer davantage» car «il faut qu'il soit totalement clair, ce qu'il n'est pas», sur un sujet mémoriel propre à la controverse.

«Pas plus M. Chirac que M. Hollande n'ont autorité pour reconnaître la culpabilité ou l'innocence de la France», a lancé sur RTL Jean-Marie Le Pen, le président d’honneur du FN. Il faisait ici allusion à la reconnaissance officielle par Jacques Chirac de la responsabilité de l'Etat dans la déportation de juifs sous Vichy, en 1995. 

François Hollande a indiqué mercredi que «la République» reconnaissait «avec lucidité» la répression de la manifestation d’Algériens le 17 octobre 1961. Ce jour-là, «des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression», écrit le chef de l’Etat. «Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes», a poursuivi François Hollande. Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique organisée par la branche française du Front de libération nationale (FLN) et visant à protester contre l'instauration d'un couvre-feu imposé aux seuls Nord-africains avait été violemment réprimée à Paris, causant la mort de nombreuses personnes. Le nombre de tués n'a pas été officiellement établi.