L'ex-député PS Kucheida et sa fille en correctionnelle le 13 novembre

ENQUÊTE l est soupçonné d'abus de biens sociaux...

avec AFP

— 

L'ancien député socialiste et maire de Liévin (Pas-de-Calais) Jean-Pierre Kucheida est convoqué devant le tribunal correctionnel le 13 novembre avec sa fille Marie, ont indiqué mercredi parquet et avocats à l'issue d'une journée de garde à vue et déférement au parquet.
L'ancien député socialiste et maire de Liévin (Pas-de-Calais) Jean-Pierre Kucheida est convoqué devant le tribunal correctionnel le 13 novembre avec sa fille Marie, ont indiqué mercredi parquet et avocats à l'issue d'une journée de garde à vue et déférement au parquet. — Philippe Huguen afp.com

L'ancien député socialiste et maire de Liévin (Pas-de-Calais) Jean-Pierre Kucheida est convoqué devant le tribunal correctionnel le 13 novembre avec sa fille Marie, ont indiqué mercredi parquet et avocats à l'issue d'une journée de garde à vue et déférement au parquet.

Jean-Pierre Kucheida devra répondre d'abus de biens sociaux et sa fille de recel d'abus de biens sociaux concernant le bailleur social Soginorpa, quand il était président. «Nous allons demander à cette audience (..) qu'un juge d'instruction soit désigné, qu'une réelle enquête soit menée par ce juge d'instruction», a déclaré Frank Berton, l'avocat de Jean-Pierre Kucheida, à l'issue de la garde à vue de son client.

Enquête «suffisamment complète» pour engager des poursuites

Le procureur de la République de Douai Eric Vaillant de son côté a indiqué que Jean-Pierre Kucheida et sa fille avaient «refusé de répondre aux nombreuses questions des policiers pendant leur garde à vue» mais que l'enquête avait été «suffisamment complète» pour prendre la décision de les poursuivre.

Le procureur a cité les faits d'utilisation présumée à des fins personnelles pour quelque 47.000 euros de la carte bleue de la Soginorpa -qui gère quelque 62.000 anciens logements miniers- qui ont donné lieu à remboursement mais pour lesquels «l'infraction d'abus de biens sociaux demeure». Il a également mentionné l'utilisation d'une carte d'essence d'un véhicule de fonction de la Soginorpa pour un usage professionnel sans lien avec cette société et le paiement présumé d'une somme de 12.000 euros de la Soginorpa à sa fille par l'intermédiaire d'une association.

«Je n'ai pas à prouver quoi que ce soit. Ce sont des cartes bleues justifiées, (...) des dépenses que j'ai faites au service de la Soginorpa», a réagi Jean-Pierre Kucheida auprès de quelques journalistes à l'issue de sa garde à vue. Ces 47.000 euros représentent «5.000 euros de carte bleue par an, ça veut dire un repas et demi par mois. Vous trouvez que c'est exagéré?», a-t-il lancé.

«Des faits mineurs qui ne posent aucun problème à mon honneur»

Ce sont «des faits mineurs qui ne posent aucun problème à mon honneur. Je n'ai strictement rien à me reprocher», a affirmé Jean-Pierre Kucheida, dénonçant des «cochonneries», des «calomnies» qui l'ont «déshonoré, sali» après «41 ans de vie politique au service du bassin minier». Son avocat a fait valoir que Jean-Pierre Kucheida avait «passé douze heures en garde à vue où il a fait droit au silence (...) parce qu'il y a une violation manifeste du secret de l'enquête qui se retrouve étalé dans la presse. Il compte déposer «une plainte pour violation du secret de l'enquête».

Dans la journée de mercredi, trois perquisitions s'étaient déroulées au siège de la Soginorpa, à la mairie de Liévin et au domicile de sa fille Marie, chargée de mission au conseil régional du Nord/Pas-de-Calais. Selon son père, les sommes la concernant correspondent à une exposition et un livre sur les enfants des cités minières, projets auxquels il affirme n'avoir «pratiquement jamais été mêlé».