UMP: Sarkozy ni pour Copé ni pour Fillon

POLITIQUE L'ancien chef de l'Etat a reçu, ce mercredi, une dizaine de députés UMP du collectif «Nouvelle Donne»...

Vincent Vantighem

— 

Nicolas Sarkozy le 17 août 2012 près du Cap nègre.
Nicolas Sarkozy le 17 août 2012 près du Cap nègre. — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Nicolas Sarkozy ne fait plus de politique. Mais il continue à beaucoup en parler. L’ancien chef de l’Etat a reçu, ce mercredi pendant près d’une heure, une dizaine de jeunes députés et membres UMP du collectif «Nouvelle Donne». Prenant position sur les sujets du moment, l’ancien chef de l’Etat a, selon nos informations, refusé de prendre position dans le duel qui oppose en ce moment Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l’UMP. «Je ne suis ni pour Copé, ni pour Fillon, a-t-il assuré selon des propos rapportés par l’un des membres du collectif. Tout le monde pense que je suis contre Fillon. Mais c’est oublier un peu vite qu’il a été mon Premier ministre pendant cinq ans.»

«Je suis en retrait… pour l’instant»

Interrogé par l’assistance sur ses intentions, Nicolas Sarkozy a assuré qu’il ne faisait plus de politique. «Je préfère prendre du recul et de la distance. Je suis en retrait… pour l’instant. Mais je m’intéresse toujours autant aux préoccupations des Français. Je consulte beaucoup. Je voyage beaucoup», a ainsi indiqué l’ancien chef de l’Etat, qui n’était pas rasé. Pour affirmer qu’il était en retrait, Nicolas Sarkozy a aussi expliqué qu’il avait exercé toutes les fonctions «de conseiller municipal à président de la République». Mais il reste dans la réflexion. «Si j’avais voulu continuer la politique, je me serai présenté à la présidence de l’UMP. Je n’aurai pas eu de mal à recueillir 8.000 signatures, tout de même.»

Le Pen coupable de l’avoir fait perdre

Revenant sur sa défaite aux élections présidentielles, Nicolas Sarkozy a remercié la dizaine de membres présents à cette entrevue de leur engagement, estimant qu’il avait terminé plus haut que ce qui était annoncé. «Il est convaincu qu’il a perdu à cause de Marine Le Pen, confie Stéphane Jacquot, membre fondateur du collectif Nouvelle Donne, qui avait sollicité cet entretien. Sur le gouvernement actuel, il n’est pas dans la critique systématique. Mais il donne sa position.» Dans ses bureaux de la rue Miromesnil, l’ancien chef de l’Etat a notamment rappelé qu’il était contre le mariage homosexuel, regrettant au passage de n’avoir pas eu le temps de mettre au point un pacte d’union civile en mairie pour les homosexuels.

Une attitude de vieux sage, de chef de parti

Nicolas Sarkozy qui tutoyait ses interlocuteurs «n’a pas changé», a estimé Stéphane Jacquot. «Très sincère, très réactif, il nous a encouragés à faire entendre notre voix au sein de l’UMP, à ne pas nous soucier des commentateurs ou des ténors du parti et à prêter attention aux préoccupations des Français. Il avait un peu une attitude de vieux sage, de chef de parti sans l’être. Avec toujours autant d’intérêt pour les affaires de la France.»