Entreprises: Fleur Pellerin ne «croit pas à la lutte des classes» dans les PME

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La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, a dit dimanche, dans un entretien au Parisien, ne pas croire à la lutte des classes dans les petites et moyennes entreprises, estimant par ailleurs que dans plusieurs cas "il est normal que des gens puissent s'enrichir beaucoup".
La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, a dit dimanche, dans un entretien au Parisien, ne pas croire à la lutte des classes dans les petites et moyennes entreprises, estimant par ailleurs que dans plusieurs cas "il est normal que des gens puissent s'enrichir beaucoup". — Lionel Bonaventure afp.com

La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, a dit ce dimanche, dans un entretien au Parisien, ne pas croire à la lutte des classes dans les petites et moyennes entreprises, estimant par ailleurs que dans plusieurs cas «il est normal que des gens puissent s'enrichir beaucoup». «Dans les PME, je ne crois pas à la lutte des classes», a indiqué à la ministre au quotidien.

«Tous les patrons de PME que je rencontre sont en osmose avec leurs salariés», observe Fleur Pellerin, qui veut distinguer les chefs des petites entreprises et un patron du CAC 40 «qui après un an de mauvais services part avec des millions d'euros».

Cette déclaration intervient alors que le gouvernement a récemment reculé face à la fronde des créateurs d'entreprises ou de start-up, qui se sont surnommés les «pigeons» et qui contestaient l'alignement de la fiscalité des revenus du capital sur celle du travail.

Le budget sera finalement amendé pour, entre autres, renoncer à l'alignement sur la fiscalité du travail, dans le cas précis d'un créateur d'entreprise.

«Problème avec l'argent»

«Il est normal que des gens puissent s'enrichir beaucoup s'ils ont pris le risque de créer une entreprise, s'ils ont eu une super bonne idée, s'ils ont su la faire fructifier et s'ils ont créé des emplois», a indiqué la ministre. «En France, il y a toujours eu un petit problème avec l'argent, qui est peut-être lié à la culture judéo-chrétienne. Il y a sans doute aussi un problème avec la réussite», a ajouté Fleur Pellerin.

La ministre a également réagi aux injonctions du Medef et du réseau de «pigeons» qui réclament le retrait pur et simple du nouveau dispositif de taxation des plus-values prévu par le gouvernement.

«Après avoir couru derrière, il (le Medef, ndlr) cherche à reprendre la main. Mais je constate que le patronat est très divisé. La CPGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), par exemple, a dit qu'elle était satisfaite des mesures prises par le gouvernement», a indiqué Fleur Pellerin.

Dans un communiqué, le PCF a raillé les propos «bien ancrés à gauche» de la ministre, préconisant qu'elle fasse «vite un stage dans une PME pour découvrir la lutte des classes».

«Alors que le patronat, déguisé en 'pigeons' comme la semaine dernière ou à visage découvert dans les négociations en cours sur la compétitivité, mène sans frilosité aucune le combat de classe, nous conseillons à la ministre un stage d'immersion dans les PME où les salariés sont en lutte aujourd'hui pour y découvrir certaines réalités», a écrit Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.