Biographie de Valérie Trierweiler: «Sur l'aspect de la vie privée, nous n'avons pas franchi la ligne jaune»

INTERVIEW Christophe Jakubyszyn, le co-auteur de «La Frondeuse», la biographie de Valérie Trierweiler, réagit à l'annonce des deux plaintes pour diffamation déposée par Valérier Trierweiler et Patrick Devedjian...

Propos recueillis par Maud Pierron

— 

Valérie Trierweiler, le 8 octobre 2012 lors de l'inauguration de l'exposition Hopper au Grand Palais, à Paris.
Valérie Trierweiler, le 8 octobre 2012 lors de l'inauguration de l'exposition Hopper au Grand Palais, à Paris. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Christophe Jakubyszyn (directeur du service politique de TF1 et LCI)  et Alix Bouilhaguet (France 2) ont écrit la première biographie de Valérie Trierweiler, cette première dame si peu aimée des Français. Dans la Frondeuse (éditions du Moment), ils révèlent une personnalité très complexe et prétendent lèver le voile sur un épisode jusque-là inconnu du grand public: Valérie Trierweiler aurait eu une «relation intime» avec Patrick Devedjian, juste avant de succomber aux charmes de François Hollande. L’ex-ministre UMP et la première dame ont annoncé qu’ils allaient porter plainte. Christophe Jakubyszyn s’explique.

Valérie Trierweiler et Patrick Devedjian ont décidé de porter plainte pour diffamation. Etes-vous étonné?

Chacun son rôle. Nous avons fait une enquête rigoureuse, avec un travail de vérifications et de recoupements. Sur l’aspect de la vie privée, nous estimons que nous n’avons pas franchi la ligne jaune et nous sommes restés mesurés dans l’expression. Nous avons indiqué qu’il y a eu un jeu de la séduction entre Valérie Trierweiler et Patrick Devedjian, mais on ne sait pas jusqu’où c’est allé. Mais je n’ai pas à commenter une plainte. S’il y a quelque chose qui les gêne, nous en parlerons au tribunal. Je suis serein. Nous avons contacté Patrick Devedjian pour parler de cela, il a démenti. C’est d’ailleurs dans le livre. Ce qui nous embête ce qu’on réduise notre travail à ce seul épisode alors que nous avons fait un portrait fouillé, complet, qui dit qui elle est, raconté sa vie avec ses zones d’ombres et de lumière. Nous l’avons vue à de nombreuses reprises, nous avons beaucoup d’anecdotes car ça fait longtemps qu’on la connait. On l’a vue pendant la campagne et elle savait que c’était pour une biographie.

Avez-vous évoqué ce sujet au cours des nombreux entretiens que vous avez eu avec Valérie Trierweiler?

Il y a des moments où elle voulait nous voir, d’autres moments où elle ne voulait pas. C’était dans la dernière ligne droite et franchement, nous n’avons pas eu l’occasion de la voir. Nous avions un démenti de Patrick Devidjian, cela nous semblait suffisant. On connaissait l’existence de cette rumeur, car un site, le Canard Acharné l’a sortie. Anna Cabana et Anne Rosencher l’évoquent dans leur livre, «Entre deux feux».

Pourquoi l’avoir sorti vous-même si Patrick Devedjian la démentait?

Il est resté entre Patrick Devedjian et François Hollande un profond respect, une considération l’un pour l’autre car ils ont peut-être désiré la même femme. Patrick Devedjian a toujours dit à ses collaborateurs: «pas touche à Hollande» alors qu’il avait de quoi le gêner, notamment pendant la présidentielle. En 1994, après que Jacques Delors a renoncé  à la présidentielle, François Hollande s’interroge. Et Devedjian a été témoin de scènes d’approches, où François Hollande réfléchit peut-être à travailler avec Edouard Balladur. On ne peut pas comprendre cette considération entre Hollande et Devedjian si l’on ne connaît pas cette histoire.

En quoi cette anecdote  éclaire-t-elle la personnalité de Valérie Trierweiler?

Cela illustre les rapports parfois ambigu entre politiques et journalistes. Cela fait partie du journalisme des années 90 et 2000. Nous voulions parler de ce mélange des genres spécifiquement français sans pour autant nous poser en censeurs ou en juges.