Prix de l'humour politique: La petite phrase plutôt qu'un long discours

POLITIQUE Le prix de l'humour politique, qui fête ses 10 ans, sera remis ce lundi au Press Club...

Matthieu Goar

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Philippe Poutou à Tours (Indre-et-Loire), le 27 mars 2012.
Philippe Poutou à Tours (Indre-et-Loire), le 27 mars 2012. — SOUVANT GUILLAUME/SIPA

Qui succédera à Laurent Fabius? L'année dernière, le socialiste avait remporté le prix de l'humour politique avec une jolie saillie sur ses camarades: «Mitterrand est aujourd'hui adulé, mais il a été l'homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d'espoir pour beaucoup d'entre nous.»

Chez les jeunes, le sérieux l'emporte

Ce lundi, le Press Club annoncera le nom de son successeur et décernera également un prix spécial pour les 10 ans de cette distinction. Parmi les nommés, certains le sont à leur corps défendant pour des phrases involontairement ridicules. Ainsi Nadine Morano: «Ma meilleure amie est tchadienne, donc plus noire qu'une Arabe.» Mais, au cours de cette longue saison électorale, d'autres ont manié sciemment l'art de la petite phrase. «C'est une nomination qui me fait plaisir, car l'humour est peut-être l'arme la plus efficace dans le monde politique», résume Thierry Mariani.

Dans la salle des Quatre Colonnes, haut lieu de la République de l'humour, ce franc-tireur de la droite forte avait lâché: «C‘est plus facile de pacifier la Libye que l‘UMP.» Ce qui lui avait valu quelques remarques acerbes au sein de son parti. « C'était spontané, je ne suis pas du genre, comme d'autres, à travailler une phrase avec quinze collaborateurs», explique-t-il. Même spontanéité pour Jean-Christophe Lagarde, nommé pour une vacherie sur la candidature d'Hervé Morin: «0% pour un fromage, c‘est bon pour la santé, mais pas pour un sondage présidentiel.» «L'humour devient utile quand on est au bout de l'argumentation politique, que le contexte est tellement absurde», décrypte le député centriste. Parmi les autres nommés, Ségolène Royal, une habituée, ou Philippe Poutou, qui fait une entrée remarquée. Mais très peu de jeunes. «Il y a un esprit de sérieux dans la nouvelle génération», conclut Mariani, rejoint par Lagarde: «On peut s'occuper de choses sérieuses, sans se prendre au sérieux.»

Le top 5 de 20 Minutes

Pierre Charon (UMP): «Eva Joly, c'est un pour tous, tous pour un et deux pour cent.»

Philippe Poutou (NPA): «Je n'ai pas l'habitude d'être seul: on arrive chez le patron en groupe, on séquestre en groupe.»

François Goulard (UMP): «Etre ancien ministre, c'est s'assoir à l'arrière d'une voiture et s'aperçevoir qu'elle ne démarre pas.»

Daniel Cohn-Bendit (EELV): «Si tu te retires, ça crée un vide. Si tu continues, tu tombes dans le vide.»

Ségolène Royal (PS): «Ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage.»