Ramadan et pain au chocolat: Polémique autour de propos de Jean-François Copé

POLITIQUE Les réactions se sont multipliées après les déclarations du candidat à la présidence de l'UMP...

M.Gr. avec AFP
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Jean-François Copé (UMP) a suscité une nouvelle polémique, après celle sur le "racisme anti-blancs", en évoquant l'arrachage de pains au chocolat "par des voyous" sous prétexte de ramadan, s'attirant une volée de critiques entre ironie et indignation.
Jean-François Copé (UMP) a suscité une nouvelle polémique, après celle sur le "racisme anti-blancs", en évoquant l'arrachage de pains au chocolat "par des voyous" sous prétexte de ramadan, s'attirant une volée de critiques entre ironie et indignation. — Jean-Christophe Magnenet afp.com

Jean-François Copé (UMP) a suscité une nouvelle polémique, après celle sur le «racisme anti-blancs», en évoquant l'arrachage de pains au chocolat «par des voyous» sous prétexte de ramadan, s'attirant une volée de critiques entre ironie et indignation.

Vendredi, dans le Var, à Draguignan, le candidat à la présidence du  premier parti d'opposition avait lancé: «Il est des quartiers où je peux  comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou  mères de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils  s'est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui  expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan».

Le Pen au chocolat

Ses dires ont déchaîné les tweets railleurs: «J'ai trouvé un surnom  pour JF Copé: Le Pen au chocolat», écrit un «tweetos». «Jean-François a  encore Copé la parole à Marine», ironise un autre. «Il est dans le  pétrin», écrit un troisième. Harlem Désir, premier secrétaire par  intérim du PS, s'est aussi fendu d'un tweet: «Jean-François Copé se  ridiculise avec son histoire de pain au chocolat. Le congrès UMP  n'excuse pas de brader cyniquement toute dignité républicaine».

Pour le PCF, Jean-François Copé a «sans doute dû se faire voler son  goûter par un plus grand que lui dans la cour de récréation». «Nous vous  enverrions bien au piquet, mais vos propos sont autrement plus graves  que cela. Ils sont une insulte à la République et à la laïcité», dit le  Parti communiste.

Énorme RT @vinceakadiego: J'ai trouvé un nouveau surnom pour @jf_cope : Le Pen au chocolat. #PainAuChocolat
— Amandine (@mandinette77) Octobre 5, 2012

Le ton était à la gravité en revanche chez la porte-parole du  gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, qui a dénoncé dans le député-maire  de Meaux une «volonté manifeste d'instrumentaliser le vivre ensemble».  «Le jour où il voudra s'exprimer sereinement au lieu de chercher à  exploiter les peurs et les fantasmes, alors je serai prête à l'écouter»,  a ajouté la ministre.

Le président de l'Observatoire contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, a accusé le responsable UMP de «virer à l'extrême droite».  «Il veut faire plaisir aux extrémistes de son parti, et comme  d'habitude, il faut taper sur les musulmans et les jeunes des  quartiers".

La Licra a parlé de «dérive atterrante».

Samedi, toujours dans le Var mais à Fréjus, Jean-François Copé a  expliqué avoir voulu décrire «des petites scènes du quotidien qui sont  autant de petites blessures, de petites souffrances qui, parfois, sont  plus grandes qu'on ne le croit». Pour Jean-François Copé, «il y a  derrière ce type de comportements une volonté d'instrumentaliser les  religions alors que les religions n'ont rien à voir avec tout cela  lorsqu'elles sont pratiquées dans le cadre de la République. Elles sont  toutes respectables».

Interrogé sur les réactions suscitées par ses propos, Jean-François  Copé a répondu que s'il y avait «émoi», il venait de «la gauche bien  pensante qui, comme d'habitude, donne des leçons sans jamais voir ce qui  se passe sur le terrain».

De même ses soutiens à l'UMP (la députée Michèle Tabarot, les  secrétaires nationaux Camille Bedin, Bruno Beschizza, Valérie  Rosso-Debord) se sont mobilisés, multipliant les communiqués contre une  «polémique complètement stérile et révélatrice de la langue de bois et  du politiquement correct ambiants».

L'ancien ministre du Budget avait déjà suscité d'âpres débats en  évoquant, dans son livre «Manifeste pour une droite décomplexée» un  «racisme anti-blanc» sévissant dans certains quartiers difficiles.