L'UMP a promis 800.000 euros à Boutin après son retrait de la présidentielle

POLITIQUE La présidente du Parti chrétien-démocrate se défend pour autant d'avoir été «achetée»...

Avec Reuters

— 

Christine Boutin à Levallois Perret, le 7 janvier 2012
Christine Boutin à Levallois Perret, le 7 janvier 2012 — WITT/SIPA

L'UMP a promis de verser 800.000 euros à Christine Boutin en compensation du retrait de sa candidature à la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, mais la présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) dément avoir été «achetée». L'ancienne ministre déclare dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, paru jeudi, qu'elle doit encore toucher trois chèques de 60.000 euros chacun d'ici à la fin du mois de novembre.

«Après avoir touché ces trois chèques, l'UMP me devra encore 120.000 euros, dette que (François) Fillon devra honorer s'il est élu président du mouvement», explique-t-elle. Le parti avait déjà versé 500.000 euros sur les 800.000 euros promis. «J'ai malheureusement dû me battre pour commencer à en voir la couleur», dit-elle.

«Je suis blessée que l'on ait pu imaginer une seule seconde que j'étais "achetable"»

Christine Boutin avait annoncé le 13 février dernier le retrait de sa candidature et son ralliement à Nicolas Sarkozy. «Tout candidat à l'élection présidentielle au premier tour touche de l'Etat 800.000 euros. A partir du moment où je me suis alliée à Nicolas Sarkozy, je lui ai demandé de porter mes idées, et naturellement (..) que l'UMP se substitue à l'Etat sur le montant de ces 800.000 euros parce que je l'avais intégré dans mon budget de campagne», a-t-elle expliqué jeudi sur Europe 1.

La législation sur le remboursement des frais de campagne prévoit un dédommagement de 800.000 euros pour les candidats effectifs du premier tour de l'élection présidentielle qui ont obtenu moins de 5% des suffrages exprimés. «La campagne était engagée depuis le mois d'octobre et je peux vous dire que mes fournisseurs sont bien contents de pouvoir être payés et il a fallu que j'avance. Cet argent, je ne le touche pas personnellement bien sûr, c'est le Parti chrétien-démocrate, et c'est dans le cadre d'un échéancier tout à fait normal», a poursuivi Christine Boutin.

Cette somme, a-t-elle assuré, «ce n'est pas pour le retrait de ma candidature». «Une campagne ça coûte cher». Christine Boutin, qui soutient Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP face à François Fillon, assure que son ralliement est étranger à cet accord financier. «Je suis blessée que l'on ait pu imaginer une seule seconde que j'étais "achetable"», déclare-t-elle dans Valeurs actuelles.