Nicolas Sarkozy de retour en politique pour 2017?

POLITIQUE Des propos prêtés à l'ancien chef de l'Etat sur un retour pour la présidentielle de 2017 relancent les interrogations sur son retour dans la vie politique...

Anne-Laëtitia Béraud

— 

Nicolas Sarkozy quitte ses bureaux parisiens en voiture, le 4 juin 2012.
Nicolas Sarkozy quitte ses bureaux parisiens en voiture, le 4 juin 2012. — T.SAMSON / AFP

Reviendra, reviendra pas? Pas un jour ne passe sans qu’un sachem de l’UMP ne raconte son entrevue ou un coup de fil à Nicolas Sarkozy, le décrivant comme très attentif de la vie politique. Absent des médias depuis un communiqué sur la Syrie en août –sa seule sortie depuis sa défaite en mai dernier-, l'ex-chef de l’Etat serait très tenté d’endosser à nouveau son costume d’homme politique, à entendre ses anciens collaborateurs.

Dans des propos rapportés mercredi par Le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy aurait ainsi déclaré à Bruno Le Maire: «Vu l'état désastreux dans lequel la France risque de se trouver dans cinq ans, je n'aurai pas le choix en 2017 (…) La question n'est pas de savoir si je vais revenir mais si j'ai le choix, moralement, vis-à-vis de la France, de ne pas revenir.» 

Les conditions d’un retour

«Le vocabulaire utilisé est, comme à son habitude, égocentré», relève la sémiologue Mariette Darrigrand. «Nicolas Sarkozy se place dans une référence au général de Gaulle, se décrivant comme une figure providentielle. Ces propos traduisent son état psychologique, celui de vouloir écrire de nouveau l’histoire», continue la sémiologue.

Mais entre le désir et le possible, et alors que la campagne pour la présidence de l’UMP bat son plein entre Fillon et Copé, rien n’est si simple. Même à droite, on relativise l’idée d’une réapparition providentielle. «Nicolas Sarkozy est dans une retraite réfléchie. Quoi qu’il fasse, il devra se soumettre à la révolution démocratique des primaires UMP pour la prochaine présidentielle», pose le député UMP du Nord Gérald Darmanin, qui l’a récemment vu. Et d’ajouter: «Je ne suis pas un sarkozyste béat. Nicolas Sarkozy était le meilleur candidat en 2012, mais l’élection a été perdue. Il faut donc savoir se remettre en question.»

Une défaite à gérer

Les conditions d’un retour de Nicolas Sarkozy se frottent également aux ambitions de François Fillon, qui a déjà annoncé qu'il serait, quoi qu’il arrive, candidat à la primaire UMP en 2016. «Nicolas Sarkozy est absent de la campagne interne à l’UMP. Pourtant, l’histoire politique montre que pour gagner une élection présidentielle, il faut avoir le parti avec soi», note Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans.

Seconde nuance: «Si les sondages montrent que les sympathisants estiment aujourd’hui que Nicolas Sarkozy est le meilleur candidat en 2017, François Fillon bénéficie d’un spectre politique plus étendu que l’ancien Président, notamment vers le centre», ajoute le spécialiste d'histoire politique.

«En période d’extension des populismes, François Fillon construit un espace politique large et distinct de celui de Nicolas Sarkozy, continue Jean Garrigues. Qui plus est, celui-ci devra gérer au mieux le souvenir de sa défaite en 2012.» Un échec que l’ex-Président semble en tout cas avoir déjà surmonté.