EPAD: Il n'y a pas d'affaire Jean Sarkozy bis, selon le cabinet de Cécile Duflot

POLITIQUE Son cabinet a voulu faire taire «les rumeurs»...

Maud Pierron
— 
La ministre de l'Egalité des Territoires et du Logement Cécile Duflot à l'Assemblée nationale, le 17 juillet 2012.
La ministre de l'Egalité des Territoires et du Logement Cécile Duflot à l'Assemblée nationale, le 17 juillet 2012. — WITT/SIPA

Surtout ne pas sombrer dans une nouvelle affaire Jean Sarkozy, celle qui avait empoisonné le mandat de Nicolas Sarkozy... Alors quand le cabinet de Cécile Duflot a pris connaissance d’un article du Point, diffusé ce mercredi sur le site Internet sous le titre «un fils de... socialiste à l’Epad?», l’opération déminage se met en route.

L’hebdomadaire affirme en effet qu’Amin Khiari, le fils de la vice-présidente socialiste du Sénat, Bariza Khiari, est sur le point d’être nommé à la tête du quartier de l’Etablissement public d'aménagement de La Défense Seine Arche (Epadesa), ex-Epad. Une situation proche du conflit d’intérêt et qui rappelle un peu trop la longue polémique de 2009 qui s’était soldée par le retrait de Jean Sarkozy et une impopularité installée pour l’ex-chef de l’Etat.

Une décision issue d’une «vraie concertation interministérielle»

Le cabinet de la ministre du Logement, qui signe au final l’acte de nomination du futur directeur général, s’emploie donc ce jeudi à tordre le coup à «la rumeur» auprès des journalistes. La riposte est prête. «Amin Khiari fait partie de la dizaine de candidats potentiels mais il n’y a aucune démarche engagée», assure-t-on. On explique toutefois qu’il y a bien la volonté de se débarrasser de l’actuel directeur général Patrick Chaix car il y a de «gros soucis de gestion à l’Epadesa», déjà évoqués dans un rapport de la cour des Comptes sorti dans le Canard Enchaîné en juillet dernier et Philippe Chaix «a été mis en cause». Mais aucune date n’est avancée, promet-on encore dans l’entourage de la ministre. «Cécile Duflot veut que tout soit transparent donc elle attend les rapports qui ont pu être faits et qui ont été étouffés par l’ancien gouvernement», insiste-t-on.

Et non, ce n’est pas l’écologiste Jean-Vincent Placé, membre du Club du XXIe siècle, dont l’objectif est de promouvoir la diversité, club dont est membre également Amin Khiari, qui a soufflé son nom comme l’affirme Le Point, mais c’est l’ex-préfet des Hauts-de-Seine, Patrick Strozda.

Amin Khiari n’est pas un inconnu, il a dirigé l'université Léonard-de-Vinci, dont il a été limogé en 2010.  «Il a un bon profil, avec une bonne connaissance du milieu des affaires et des politiques de la Défense», plaide-t-on encore au cabinet. Enfin, si c’est bien Cécile Duflot qui signera le décret de nomination, la décision sera issue d’une «vraie concertation interministérielle» vue l’importance de l’Epasa, entre Bercy, Matignon et l’Elysée. Une manière d'ouvrir le parapluie en cas de polémique.