Face au sexisme à l'école, le gouvernement veut casser les «stéréotypes»

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Le ministre de l'Education Vincent Peillon lance jeudi à la Sorbonne la concertation sur la "réfondation l'école" promise pendant la campagne présidentielle, et qui doit aboutir à un projet de loi à l'automne.
Le ministre de l'Education Vincent Peillon lance jeudi à la Sorbonne la concertation sur la "réfondation l'école" promise pendant la campagne présidentielle, et qui doit aboutir à un projet de loi à l'automne. — Bertrand Guay afp.com

Déséquilibres dans l'orientation professionnelle, préjugés, machisme: le gouvernement a affiché mercredi sa volonté de casser les «stéréotypes sexistes» à l'école.

«Il faut prendre à bras-le-corps cette question de l'égalité», a souligné le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon, lors d'une visite au lycée professionnel Le Champ de Claye à Claye-Souilly (Seine-et-Marne).

«C'est une question centrale pour notre démocratie», a ajouté le ministre, accompagné des ministres des Droits de femmes et de la Réussite scolaire, Najat Vallaud-Belkacem et George Pau-Langevin, annonçant la mise en place d'initiatives pour lutter contre les «préjugés sexistes».

«Il y a dans notre société des inégalité persistantes entre les femmes et les hommes, qu'on retrouve dans le milieu professionnel (...) Mais tout cela se décide bien en amont, quand on enferme les petits garçons et les petites filles dans des stéréotypes», a expliqué Najat Vallaud-Belkacem.

Selon les ministres, une première expérimentation sera mise en place dès cet automne dans cinq académies, pour «travailler dès le plus jeune âge» sur ces questions. Cette expérimentation, destinée aux 6-10 ans, «sera basée sur des jeux et des outils ludiques», a précisé Najat Vallaud-Belkacem.

Une seconde expérimentation, à l'initiative du ministère du Droit des femmes, verra le jour à la rentrée 2013 dans huit régions, dont l'Ile-de-France.

«Il s'agira de travailler spécifiquement sur la question de l'orientation des élèves pour obtenir une double mixité, c'est-à-dire plus de filles dans les filières considérées comme masculines, et plus de garçons dans les secteurs considérés comme féminins», a précisé Najat Vallaud-Belkacem, évoquant une «vaste campagne de communication» et des programmes de «coaching».

Selon Vincent Peillon, «des modules d'égalité hommes-femmes» seront par ailleurs imposés dans la formation du corps enseignant afin de «prendre à bras-le-corps» la question des genres, «essentielle pour la démocratie».

«Dès le mois de novembre, je demanderai à Najat Vallaud-Belkacem de venir rencontrer les recteurs, pour que nous puissions développer cette volonté et l'inscrire dans la durée», a assuré Vincent Peillon.