Eric Ciotti (premier plan à gauche) et François Fillon (à droite), le 18 septembre à Paris.
Eric Ciotti (premier plan à gauche) et François Fillon (à droite), le 18 septembre à Paris. — A. ANTONIOL/SIPA

POLITIQUE

UMP: Les «trois pactes» de François Fillon

Le candidat à la présidence de l'UMP François Fillon a dévoilé son projet ce mercredi matin...

Acte 2. Après l’épisode houleux des parrainages pour se présenter à la présidence de l’UMP, les deux candidats François Fillon et Jean-François Copé entrent dans une nouvelle phase, celle de la présentation de leur projet pour le principal parti d’opposition. Et, cette nouvelle fois, l’ancien Premier ministre a avancé le premier ses pions.

Ce mercredi matin, François Fillon a dévoilé son projet pour le parti «Ensemble soyons les militants de la France». Il devance de quelques jours la sortie du livre-programme de son rival Jean-François Copé, intitulé Manifeste pour une droite décomplexée.

Projet autour de «trois pactes»

Entouré de son équipe, François Fillon a rappelé dans une petite salle bondée de l’Assemblée nationale que le pays connaissait actuellement «une crise existentielle» et que le temps était à la «course contre la montre pour que l’Europe et la France ne sortent pas de l’histoire».

Rappelant une nouvelle fois l’héritage sarkozyste, l’ancien Premier ministre a défini son projet «sans concession ni artifice» comme un «programme pour la France». Sans répondre à la question de savoir si ce texte était ou non un programme présidentiel, il a estimé qu’«un parti doit défendre des idées et s’organiser pour la bataille de la prise du pouvoir».

Le projet de François Fillon est articulé «autour de trois pactes, celui de la productivité, un pacte national et un pacte européen». En ce qui concerne la productivité, l’ancien Premier ministre propose plusieurs idées avec comme leitmotiv: «Si on veut produire, on doit travailler. La France est le pays qui travaille le moins en Europe.»

Combattre «les communautarismes»

Abrogation des 35 heures, baisse du coût du travail, rétablissement de la «TVA compétitivité», ou encore suppression de 1.000 normes en cinq ans, François Fillon souhaite également que les allocataires de l’aide sociale travaillent sept heures par semaine pour les collectivités, ou que le contrat de travail soit réformé pour allier «flexibilité et sécurité». Il souhaite aussi «rénover» le service public, en passant de «300 corps (de la fonction publique ndlr) à 20», ou en sanctionnant des collectivités locales qui seraient «trop dépensières».

Concernant le «pacte national», le député de Paris met la priorité sur l’Ecole, en insistant sur la sécurité dans les établissements scolaires. Il s’est prononcé contre le droit de vote des étrangers, pour la généralisation des peines plancher, et pour le «développement de brigades fiscales chargées de lutter, dans les quartiers, contre les fraudeurs délinquants dont le train de vie est sans commune mesure avec les revenus déclarés.»

Place de la France et de l’Europe

Estimant que «des générations (immigrées, ndlr) ont été intégrées en France, ce n’est plus le cas aujourd’hui», François Fillon affirme que «l’immigration doit être une question librement débattue chaque année au Parlement», afin que celui-ci «fixe le nombre d’étrangers que le pays est capable d’accueillir chaque année». Il a déclaré être pour «une régulation stricte de l’immigration» avant de préciser qu’il se positionnait «sans concession contre des comportements communautaristes qui se sont développés dans notre pays».

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Quant au «pacte européen», François Fillon a notamment appelé à un «véritable gouvernement économique pour la zone euro» et une «harmonisation des politiques fiscales» entre les pays européens. Il a ensuite détaillé ses propositions pour que le fonctionnement du parti soit plus «démocratique» et «décentralisé», estimant que les adhérents doivent être à chaque fois consultés –par le biais de «référendums internes» – sur les orientations stratégiques de l’UMP.

Contre le droit de vote des étrangers

Par rapport à son rival Jean-François Copé, qu’il a peu cité, François Fillon a indiqué qu’«on n’a pas des idées très différentes (…), ce sont plutôt des différences de personnalités, d’histoire, de parcours, mais pas pour l’essentiel des différences idéologiques».

L’élection du président de l’UMP, qui opposera François Fillon et Jean-François Copé se tiendra les 18 et 25 novembre, lors du congrès du parti.