UMP: Un nombre de parrainages qui fâche

POLITIQUE La comptabilisation des parrainages par un huissier est une question qui fâche au parti...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé à l'Assemblée nationale, le 11 juillet 2012.
Jean-François Copé à l'Assemblée nationale, le 11 juillet 2012. — CHESNOT/SIPA

Au lendemain du dépôt des parrainages d’adhérents pour la présidence de l’UMP, la campagne au sein du parti «entre dans une deuxième phase», selon les mots de Jean-François Copé mercredi. Restent ainsi en lice le secrétaire général du parti et François Fillon, qui ont passé tous deux la barre des 7.924 parrainages d’adhérents requis pour se présenter. Mais le nombre de parrainages revendiqués par François Fillon (45.000) et Jean-François Copé («plus de 30.000» mardi, vers «40.000» mercredi matin) reste un motif de querelle.

La «surprise» créée mardi par François Fillon passe mal. En effet, jusqu’à mardi midi, l’équipe de l’ancien Premier ministre affirmait réunir environ 15.000 parrainages. Un chiffre qui confortait l’équipe de Jean-François Copé, estimant que les «30.000 à 32.000» signatures reçues apparaîtraient comme un plébiscite du secrétaire général du parti. Mais en fin d’après-midi, Fillon annonçait avoir réuni ces 45.000 parrainages, bousculant alors les ambitions et la communication établies par Jean-François Copé.

«Revendiquer la transparence»

Mercredi, le secrétaire général de l’UMP est revenu sur l’annonce de Fillon, estimant qu’«il faut choisir son langage. On ne peut pas dire d’un côté que tout est verrouillé et de l’autre annoncer 45.000 parrainages», a-t-il dit, en référence aux critiques répétées de François Fillon sur le manque d’accès aux fichiers des adhérents. Il a d’ailleurs estimé que lui jouait «la transparence» dans cette campagne, car il va faire comptabiliser ses parrainages par un huissier avant de les rendre publics. Une mesure jusque-là refusée par son adversaire, avant d'être acceptée. «On peut difficilement revendiquer la transparence pour les autres et pas pour soi-même», a lâché Jean-François Copé lors d’un point presse.

Dans l’entourage du député de Seine-et-Marne, on ne décolère pas ce mercredi du «coup de bluff», du «chiffre surprenant», du «coup un peu gros» de François Fillon. Avant d’avancer que «le travail de terrain et de fond de Jean-François Copé primera sur le coup médiatique de François Fillon», et de faire le parallèle avec la primaire socialiste de 2011 avant la présidentielle. «François Hollande a parcouru le terrain, Martine Aubry avait les médias à Paris, et qui a gagné la primaire? François Hollande.»

Et du terrain, tant Jean-François Copé que François Fillon vont en voir. Les deux hommes ont deux mois de campagne avant le congrès du parti fin novembre et le vote des militants qui les départagera. Deux mois qui commencent sur les chapeaux de roues: tandis que Jean-François Copé enchaîne des réunions publiques à Strasbourg ce mercredi, dans le Val-d’Oise et dans le Doubs ce week-end, François Fillon est attendu à Mâcon ce mercredi, à Poitiers jeudi, en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres vendredi.