La ministre de l'Enseignement supérieur veut valoriser et démocratiser l'université

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Améliorer la réussite à l'université, avec le déploiement de mille postes en 2013, simplifier une offre de formation devenue illisible et remettre à plat les aides sont parmi les objectifs que Geneviève Fioraso s'est fixés pour revaloriser et démocratiser l'enseignement supérieur.
Améliorer la réussite à l'université, avec le déploiement de mille postes en 2013, simplifier une offre de formation devenue illisible et remettre à plat les aides sont parmi les objectifs que Geneviève Fioraso s'est fixés pour revaloriser et démocratiser l'enseignement supérieur. — Kenzo Tribouillard afp.com

Améliorer la réussite à l'université, avec le déploiement de mille  postes en 2013, simplifier une offre de formation devenue illisible et  remettre à plat les aides sont parmi les objectifs que Geneviève Fioraso  s'est fixés pour revaloriser et démocratiser l'enseignement supérieur.

«Moins  de 5% des élèves sont issus des milieux modestes», qui représentent  pourtant 25% de la population active. «On a vu l'ascenseur social non  seulement s'arrêter mais se dégrader», a regretté mardi la ministre de  l'Enseignement supérieur lors de la conférence de rentrée universitaire,  mettant en cause le bilan de ses prédécesseurs Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez.

Le  Plan Réussite en licence lancé sous la droite, qui a coûté plus de 700  millions d'euros, «n'a servi strictement à rien», a-t-elle estimé, mais a  abouti à une baisse du taux de réussite en licence en trois ans, passé  de 38,7% à 33,8% entre 2006 et 2011.

Pour 2013, Geneviève Fioraso a  annoncé la création de 1.000 postes en faveur de la réussite en licence  et de la rénovation pédagogique. L'Enseignement supérieur doit bénéficier de 5.000 des 60.000 postes que François Hollande compte créer dans l'éducation pendant son quinquennat.

Les  premiers mille postes concerneront non seulement des  enseignants-chercheurs mais aussi des postes d'encadrants pour  l'apprentissage des langues étrangères, pour le développement de  l'alternance, des ouvertures plus larges des bibliothèques et centres de  documentation.

«Nous souhaitons que d'ici deux, trois ans, les  étudiants puissent parler couramment une langue» étrangère, gage  d'ouverture professionnelle et culturelle, a-t-elle expliqué.

La  ministre a déploré que 90% des étudiants titulaires d'un bac pro  échouent à l'université dans le premier cycle «quand ils ne sont pas  accompagnés».

9.900 intitulés de licences ou masters

Elle a  demandé aux recteurs d'accueillir en priorité les bac professionnels et  technologiques dans les filières BTS, STS et IUT, «avec un  accompagnement spécifique».

Elle veut aussi créer un Service  public territorial de l'orientation et réviser la procédure d'Admission  post bac (APB). «Un clic ne remplace pas un accueil», a-t-elle souligné.  Pour rendre l'offre de l'université «plus lisible», elle veut simplifier  licences et masters, qui totalisent 9.900 intitulés. Même les  recruteurs s'y perdent, a-t-elle estimé.

Cet automne, elle lancera une mission sur une e-université et l'e-formation.  Côté logement, elle a annoncé la préparation d'un dispositif national de  cautionnement solidaire, brocardant le pass logement initié par Laurent Wauquiez qui n'a donné lieu qu'à sept contrats.

Elle prévoit aussi la mise en place de 30 centres de santé universitaires en tiers payant d'ici à deux ans. A  l'issue des Assises de l'Enseignement supérieur entamées cet été, une  nouvelle loi corrigera début 2013 la «mise en oeuvre bâclée» de la loi  LRU sur l'autonomie des universités, faite «sans mode opératoire, sans  accompagnement sur le terrain, sans indicateur».

Résultat, onze  universités ont affiché une trésorerie négative deux années de suite et  plus généralement «la tendance va vers la dégradation».

L'allocation  d'études supérieures promise par François Hollande fera l'objet d'une  négociation avec les organisations étudiantes et ne devrait pas démarrer  avant la rentrée 2013, a précisé Geneviève Fioraso à l'AFP.

«On  est prêt à remettre à plat l'ensemble des aides que sont les bourses, la  demi-part fiscale, l'allocation logement et les aides sociales du  comité national des aides universitaires», a-t-elle assuré.

Enfin,  la ministre a estimé qu'«il n'y avait pas de tabou» à faire payer les  classes prépa aux grandes écoles mais qu'il fallait alléger le coût des  concours.