UMP: La présidentielle 2017 dans le viseur

POLITIQUE S'ils s’en défendent, les candidats à la présidence de l'UMP pensent bel et bien à l'élection présidentielle de 2017...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon et Jean-François Copé, le 26 mai 2012, à Paris.
François Fillon et Jean-François Copé, le 26 mai 2012, à Paris. — R. Duvignau/ REUTERS

Non, l’élection pour le prochain président de l’UMP «n’est pas une primaire avant l’heure pour 2017», martèle Jean-François Copé à chaque déplacement. Le secrétaire général du principal parti de droite, tout comme son rival François Fillon, favori des sondages, va déposer ce mardi les 7.924 parrainages d’adhérents nécessaires pour briguer la présidence de l'UMP. Une compétition départagée fin novembre par les 260.000 adhérents UMP, appelés à voter pour le congrès du parti.

Mais Jean-François Copé et François Fillon devraient être seuls à déposer leurs parrainages mardi. Faute de signatures suffisantes, les autres candidats Nathalie Kosciusko-Morizet, Henri Guaino et Bruno Le Maire devraient être exclus de la campagne. Quant à l’ancien ministre Xavier Bertrand, qui a affirmé dimanche avoir recueilli les parrainages nécessaires, il s’est retiré de la course, préférant être «candidat à la primaire [interne à l’UMP ndlr] pour la présidentielle» de 2017.

«L’ombre de Sarkozy plane sur la vie de l’UMP»

Cette déclaration tranche avec la prudence des candidats Copé et Fillon. Selon Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives), ces derniers éludent la perspective de la prochaine présidentielle à cause de «l’ombre de Nicolas Sarkozy [qui] plane sur la vie interne de l’UMP. Pour des raisons tactiques, personne ne voudrait le froisser, car un sympathisant de droite sur deux souhaite encore le retour de ce chef incontesté.» Quant à l’ambition de Xavier Bertrand pour 2017, «cette déclaration est un habillage, selon le politologue. L’ancien ministre masque sa dérobade à cette campagne 2012 par des propos sur 2017.»

Quoi que disent Jean-François Copé et François Fillon, le nom du futur président de l’UMP influera sur les équilibres au sein du parti en vue de la présidentielle. Une évidence qu’a rappelée lundi Valérie Pécresse, membre de l’équipe de François Fillon, en déclarant qu’«un président de parti, un aspirant à la présidence du parti aspire aussi à conduire sa famille à l'élection de 2017.» Même son de cloche de la part de l’ancien Premier ministre Edouard Balladur, qui estime que le dirigeant du parti élu en novembre prochain, a «de bonnes chances» d'être candidat à l'Elysée «s’il réussit dans sa fonction de chef de l'opposition».