Les «humanistes» de l'UMP veulent compter dans le parti

POLITIQUE Jean-Pierre Raffarin, Luc Chatel et Jean Leonetti vont déposer une motion «humaniste» à l'UMP...

Anne-Laëtitia Béraud

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L'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP) a estimé mardi que "la mise à l'écart des centristes" lors du remaniement était "une erreur" que le gouvernement "paye déjà" puisque le centre se retrouve aujourd'hui sous les feux de l'actualité.
L'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP) a estimé mardi que "la mise à l'écart des centristes" lors du remaniement était "une erreur" que le gouvernement "paye déjà" puisque le centre se retrouve aujourd'hui sous les feux de l'actualité. — Francois Guillot AFP

Les «humanistes» de l’UMP veulent compter dans le parti, et pourquoi pas devenir «le pôle central, le pôle leader» de l’UMP après le congrès qui se tiendra fin novembre. Ce mercredi midi, une vingtaine d’élus, dont l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et les anciens ministres Luc Chatel et Jean Leonetti, ont présenté à la presse une motion intitulée «pour un humanisme social, libéral et européen».

Le but de cette motion? Réussir «ce défi très difficile» de mettre en place «une diversité réelle au sein de l’UMP», selon les mots de Jean-Pierre Raffarin. Cette motion, qui doit être déposée le 18 septembre prochain, vise à créer un courant au sein de l’UMP. En effet, lors du congrès de l’UMP du 18 novembre, les adhérents vont pouvoir voter –outre pour le prochain président du parti - pour les différentes motions en présence.

Petite révolution au sein du parti

Et si ces motions obtiennent 10% des votes, elles deviendront des mouvements à part entière au sein de l’UMP, bénéficieront de ressources financières en plus d’une représentation assurée dans les plus hautes instances de l’UMP.

Signée par 80 parlementaires -«et par une centaine d’ici lundi», estime Hervé Mariton-, cette motion se veut «œcuménique», selon l’expression de Luc Chatel, sans être pour autant «à l’eau tiède». Elle rassemble en effet, dans le cadre de la campagne pour la présidence de l’UMP (qui oppose Jean-François Copé, François Fillon, NKM, Bruno Le Maire et Henri Guaino) des partisans d'équipes rivales.

Cette création de motions, et à terme de mouvements, est une petite révolution au sein de ce parti, qui, depuis dix ans, est resté monolithique. Mais ces futurs mouvements suscitent des réactions diverses. Alors que Jean-François Copé y est largement favorable, François Fillon craindrait plutôt une «balkanisation» du parti.