Pollak éclipsé par un Russe à Prague

POKER Le World Poker Tour prend décidément un tour européen. A Prague, c'est un Russe, Andrey Pateychuk, qui s'est imposé devant un Espagnol et un Allemand. Le Français Benjamin Pollak termine lui quatrième...

Renaud Ceccotti-Ricci

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Le Russe Andrey Pateychuk remporte le World Poker Tour à Prague et empoche 450.000 euros.
Le Russe Andrey Pateychuk remporte le World Poker Tour à Prague et empoche 450.000 euros. — WPT

On espérait mieux pour Benjamin Pollak. Comme son nom ne l’indique pas, Pollak est Français. «Magic Deal» -c'est son surnom- avait même survolé le week-end tchèque, débutant la table finale en deuxième position en termes de jetons. On se prenait donc à rêver à une perf tricolore pour ce lundi.

C’était sans compter sur les voisins européens. Une fois débarrassé du Canadien Russel Carson, la table finale prenait des allures de Conseil de l’Europe. Fidèle à son image non interventionniste, la Norvège, représentée par Sigurd Eskelund, quittait la table des négociations en cinquième position, laissant les gros bras s’écharper.

Face au couple franco-allemand Benjamin Pollak/Stanislas Kretz, c’est l’Europe de l’Est et du Sud qui s’en sortait le mieux. L’Espagnol Adria Balaguer plantait les premières banderilles sur notre pauvre Pollak et sa couleur floppée grâce à un full vicieux de dernière minute. Il n’avait plus qu’à porter l’estocade et à priver le Français de podium. Ce dernier repartait tout de même avec 104.000 euros, soit son plus gros gain en tournoi.

Voyant l’Allemand privé de son allié historique, Andrey Pateychuk brisait le pacte germano-russe avec sa paire d’as à la rivière pour venir à bout du teuton et de sa paire de neuf servie («neun neun», comme on dit en allemand)…

L’Ibère avait beau être rude et prendre un avantage considérable (détenant à un moment 90% des jetons), c’est Pateychuk, tout juste âgé de 22 ans, qui s’offrait le titre et les 450.000 euros qui vont avec. Après sa quinzième place lors du dernier Main Event des WSOP et sa victoire à l’EPT San Remo (plus d'un million et demi d'euros en six mois), le Russe marche désormais sur la Lune.