EPT Berlin: Marc Inizan revient sur le lieu du crime

INTERVIEW Marc Inizan, membre de l'élite tricolore jouant sur le circuit professionnel, se confie à la veille de retrouver le tournoi qui l'a fait exploser...

Matthieu Sustrac

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Marc Inizan, lors de la finale 2010 de l'EPT Berlin.
Marc Inizan, lors de la finale 2010 de l'EPT Berlin. — PokerStars

Il y a un an, vous finissiez troisième de l'EPT Berlin, un événement majeur du calendrier européen. Quel était votre état d'esprit à l'issue du tournoi?

Je m'imaginais jouer plus sur le circuit professionnel grâce à une bankeroll (l'argent que le joueur consacre à payer ses entrées dans les tournois, ndlr) démultipliée. Je me sentais donc plus serein pour partir jouer aux World Series of Poker de Las Vegas. Je pensais aussi que je me rapprochais de mes objectifs et qu'un sponsoring devenait possible. C'est mon meilleur résultat, c'est le premier maillon.

Ce tournoi avait été marqué par une attaque à main armée...

Le braquage de l'EPT Berlin m'a été bénéfique car je perdais des jetons depuis le début de la journée. Le tournoi a été interrompu quatre heures et j'ai pu en profiter pour me remettre dedans. Notamment grâce aux bons mots de Kevin «Harper» Noblat, Ronan «Roroflush» Monfort et Stéphane Gérin. C'est aussi grâce à eux que je suis arrivé en Table Finale devant des centaines de joueurs.

Vous êtes en route vers l'Allemagne, comment vous sentez-vous avant de revenir sur le lieu de votre meilleure performance?

Je suis excité. Je sens que je suis un meilleur joueur et je suis en confiance après mon bon parcours au World Poker Tour de Vienne, la semaine dernière. J'ai terminé dans l'argent et avec un peu plus de réussite, tout était possible.

Dans quels domaines êtes-vous meilleur qu'il y a un an?

J'ai beaucoup progressé au niveau mental. Je recrache moins les jetons, je n'abandonne plus quand cela ne tourne pas bien. Je m'accroche. C'est un travail de plusieurs séances d'une heure trente avec Pier Gauthier (coach de tennis qui a aidé Gaël Monfils ou Aravane Rezaï, ndlr). Ces entretiens m'ont permis d'être dans un meilleur état d'esprit au départ d'un tournoi mais aussi de comprendre qu'améliorer sa vie de tous les jours est bon pour le jeu et mon niveau de performance.

Vous avez intégré l'équipe Winamax. Au-delà de la sécurité financière plus importante, cela aide-t-il à progresser?

On peut déjà discuter entre nous très facilement via les réseaux sociaux mais nous faisons aussi des séminaires comme dernièrement à Londres ou Sophia Antipolis. Stéphane Matheu (l'ancien préparateur de Bertrand «ElkY» Grospellier, ndlr) prépare des programmes costauds et réunit toute la team. C'est une occasion supplémentaire d'échanger et de découvrir des axes de préparation car on aborde différents sujets avec des spécialistes. Et puis lors des tournois c'est important de ne pas être tout seul, qu'il y ait quelqu'un pour nous écouter et nous soutenir.

Quels sont vos objectifs cette année?

Accrocher le maximum de Table Finale. Je me suis fait un gros programme pour les championnats du monde où je compte bien disputer une quinzaine de tournois. Je pense que j'ai bien du passer une dizaine de mois à Las Vegas lors des quatre dernières années et je compte bien me concentrer sur le jeu. Je ne m'interdirais pas de faire la fête mais je veux privilégier le poker. Je vais gérer mon temps mais avant les Etats-Unis, il y aura pas mal de tournois. Je suis motivé pour jouer un maximum. Après, si on me dit que je vais faire une nouvelle Table Finale à Berlin, je signe tout de suite.