« Animal » : Rat brun, rat d’égout, « Ratatouille », qui es-tu ?

PODCAST (3/5) Dans notre série audio « Animal », qui s’intéresse sur la place des animaux en ville, évoquons le « rattus norvegicus » avec Christiane Denys, professeure au Muséum d’histoire naturelle de Paris, spécialiste des rongeurs

Anne-Laëtitia Béraud
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A part un film Disney où il est cuisinier de haut vol, il a généralement mauvaise presse, que ce soit à Chambéry, Strasbourg ou Limoges… Evoquons aujourd’hui le rat brun dans «Animal», la série sonore qui s’interroge sur la place de l’animal en ville. Des êtres vivants, petits ou grands, avec lesquels nous partageons nos cités. Pour cette saison en cinq épisodes, on s’intéresse aux moineaux, aux chauves-souris, aux moustiques tigre, aux rats brun, aux chats libres. Des mammifères, oiseaux, insectes parfois craints, voire détestés. Quelles sont les perceptions, et les réalités ?



Un être intelligent moins présent dans les égouts

Le rat brun, ou surmulot, à savoir le « rattus norvegicus », vient, comme son nom ne le suppose pas, d’Asie. Pour en parler dans cet épisode, Christiane Denys, professeure au Muséum d’histoire naturelle de Paris, spécialiste des rongeurs africains. « Le rat brun est le plus abondant [en ville]. C’est le rat que les gens remarquent le plus. Il est présent dans les égouts, même si on en trouve de moins en moins. On le trouve dans les squares, les caves, dans les habitations, dans les zones basses humides, proches du sol… Toutes les métropoles ont des rats brun. »

Atteignant la maturité sexuelle en trois mois, le rat se constitue vite une grande famille, vivant en clan. Mais cela dépend de l’accès à la nourriture, et « 90 % à 95 % des rats brun ne survivent pas au-delà d’une année », rapporte la scientifique. Dormant le jour, et sortant du terrier à la fin d’après-midi et la nuit, «les rats vus en journée souvent plus jeunes, empêchés d’aller chercher de la nourriture par des rats dominants, ou parce qu’il y a eu des perturbations extérieures de leur environnement».

Appâts empoisonnés inefficaces et dangereux

« Il n’y a pas de risque sanitaire important lié aux rats brun dans les villes françaises », assure Christiane Denys. Pour limiter les populations, mieux vaut supprimer les déchets alimentaires jonchant l’espace public, fermer les poubelles, et nettoyer les rues et squares. « Les appâts empoisonnés sont totalement inefficaces, car les rats sont en train de développer une résistance aux anticoagulants, souligne la professeure. Cette résistance est déjà présente sur Paris et dans plein d’autres villes françaises. On peut aussi, avec ces produits, détruire d’autres rongeurs, comme les mulots et les campagnols, qui étaient là avant que le rat brun n’arrive ». La suite dans ce podcast. Bonne écoute !

Rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de notre série audio « Animal » dans le podcast « L’Eté dans vos oreilles ». Ecoutez ce programme sur toutes les applications et plateformes d’écoute en ligne, comme Apple podcast, Spotify ou Amazon Music par exemple. Pour faire grandir notre communauté, n’hésitez pas à vous abonner, nous laisser des commentaires et cinq étoiles sur Apple podcast.