« Minute Papillon ! » : Pourquoi les animaux moches sont-ils plus menacés d’extinction que les autres ?

PODCAST Dans « Minute Papillon ! », Maud Lelièvre, la présidente du comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), explique comment nos préjugés conduisent des espèces à disparaître de la planète

Charles Desthieux et A.-L.B.
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Dans notre podcast Minute Papillon !, on s’interroge. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature ( UICN), l’une des plus grandes ONG environnementales du monde, 40.000 espèces sont menacées d’extinction dans le monde. Quelque 1.900 se trouvent en France. Certains de ces animaux semblent pourtant avoir plus de chance de survivre parce qu’ils sont beaux. Pourquoi tant de moyens mis en œuvre pour protéger le koala, et si peu pour la salamandre de Chine ? Pourquoi les animaux moches ou mal aimés, sont-ils plus menacés que les autres dans la préservation de la biodiversité ?

« Sur les 40.000 espèces menacées dans le monde, seules 26 % sont des mammifères. Les singes, les girafes ou les lions passionnent les foules et récoltent beaucoup de dons. À l’inverse, la caragouille des dunes, un petit escargot que l’on trouve sur les plages françaises, intéresse moins », analyse Maud Lelièvre, présidente du comité français de l’UICN, l’invitée de cet épisode.

Quelle place pour l’anthropomorphisme ?

Si les caractéristiques esthétiques des espèces nous touchent autant, c’est qu’entre en jeu L’anthropomorphisme, soit attribuer des caractéristiques humaines à ce qui n’en est pas un, à un animal par exemple. « Nous sommes sensibles à ce qui est mignon, à ce qui est bébé, à tous les animaux dans lesquels nous pouvons nous projeter. Évidemment, pour le blobfish [une espèce de poisson rose visqueux vivant dans les abysses] c’est plus difficile de se projeter », continue Maud Lelièvre.

Mais la mocheté n’est pas le seul critère d’exclusion. Un animal considéré comme dangereux comme un requin, un loup ou une chauve-souris, aura plus de difficulté à obtenir des fonds pour être étudié et, in fine, protégé. « Il n’y a pas assez de moyens mis en place dans la conservation des espèces », fustige Maud Lelievre. Or toutes les espèces, considérées comme belles ou moches, sont importantes pour la biodiversité et la survie de l’Homme, car toutes et tous sont liés.

Écoutez la suite de l’entretien avec Maud Lelièvre en cliquant dans le lecteur ci-dessus. Minute Papillon ! est le podcast d’actualités généralistes de 20 Minutes. Vous pouvez l’écouter sur toutes les applications et plateformes d’écoute en ligne, comme Apple podcast, Spotify, Deezer ou Podcast addict par exemple. Pour nous écrire : audio@20minutes.fr