« Minute Papillon ! » : Du béguin à l'obsession, que sont les « relations parasociales » ?

PODCAST Pour notre rendez-vous audio « La bulle », Ariane Calvo, psychologue, psychothérapeute, évoque ces projections individuelles éprouvées pour une personne médiatisée ou de fiction

Anne-Laëtitia Béraud
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Dans notre nouvel épisode du podcast Minute Papillon !, on retrouve notre rendez-vous « La Bulle », pour évoquer les relations à sens uniques que l’on peut éprouver pour des célébrités, artistes, créateurs de contenus sur les réseaux sociaux, ou encore des personnages de fiction, James Bond ou Arya Stark par exemple…

Quelle projection sur une personne ou un personnage ?

Si le béguin pour un acteur peut inspirer vos soirées dans votre canapé, ces liens peuvent, parfois, devenir réels, et dans de rares situations problématiques. Cas extrême, celui de l’Américain John Hinckley qui a tiré en 1981 sur le président américain Ronald Reagan… dans le but d’impressionner l’actrice Jodie Foster, dont il était fou.

Ces liens à sens uniques sont appelés « relations parasociales » par les spécialistes de sciences de la communication et certains psychologues. Elles ont été étudiées et définies en 1956 par deux chercheurs américains, Donald Horton et R. Richard Wohl, dans un article sur les relations d’« intimité à distance ». Ils prenaient l’exemple de téléspectateurs et d’auditeurs pris d’affection pour des figures des médias. Depuis, les réseaux sociaux, avec leurs flots d’informations personnelles diffusées, peuvent renforcer ces « liens d’intimité » éprouvés pour des personnalités.

Quand on est « dupe » de cette fausse relation

Dans cet épisode, on va se questionner sur les « relations parasociales » avec Ariane Calvo, psychologue, psychothérapeute, spécialisée dans la résilience. Que projette-t-on sur la célébrité ? Que révèle cette vie fantasmée de soi ? Quels bienfaits éventuels à vivre une « relation » à sens unique avec une célébrité ?

Ariane Calvo remarque d’abord que ces projections ne forment pas une relation, car une relation implique deux personnes qui prennent soin de l’autre. La psy perçoit « comme étant positif » le fait de « s’attacher à des personnages, ou des personnes réelles, qui sont inspirantes pour nous, pour nous encourager à grandir, à évoluer vers ce qu’elle représente pour nous ». « Cela peut être intéressant de pouvoir projeter, sans être dupe de ce que l’on projette, en toute conscience, quelque chose de l’ordre d’une relation qui nous donne du courage et du soutien », ajoute-t-elle. Ces liens peuvent devenir problématiques si l’on est dupe du caractère imaginaire de cette « relation » à autrui, souligne Ariane Calvo. Elle met en garde contre le fait « d’exiger de cette personne qu’elle vous rende quelque chose (…) de l’amour ou de l’affection puisqu’il ne s’agit pas d’une vraie relation ».

Les difficultés des relations « réelles »

« La dernière difficulté que je perçois, remarque la psy, c’est quand [cette relation unilatérale] crée un évitement du réel. Si être hyper copain avec Harry Potter devient l’alpha et l’oméga de mes relations sociales, que cela m’empêche d’aller chercher des amis à l’extérieur puisque j’ai tout ce qu’il me faut dans ma relation avec Harry Potter, c’est un vrai problème. Parce que la relation n’est pas réelle. Et que dans le réel, ce qui est intéressant dans les amitiés, c’est que parfois, elle nous déçoivent, que parfois, les gens nous mentent et nous trahissent, ou qu’ils sont là pour nous. Tout cela compose une dynamique relationnelle, vraie, authentique, qui nous fait grandir, vraiment ».

La suite de l’entretien, à retrouver gratuitement dans le lecteur audio ci-dessus.

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