« Tout Sexplique » : Le syndrome du choc toxique menstruel, c'est quoi ?

PODCAST A l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, entretien avec Sandrine Graneau, victime d’un choc toxique lié à l’utilisation d’une coupe menstruelle

Anne-Laëtitia Béraud

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Dans ce nouvel épisode de « Tout Sexplique », nous échangeons avec Sandrine Graneau, 38 ans, infirmière libérale. En avril 2019, cette mère de trois enfants a été victime du syndrome du choc toxique lié aux règles (SCT) à la suite de l'utilisation d’ une coupe menstruelle.

Sandrine Graneau échappe alors à la mort au prix d’une quadruple amputation, des pieds et d’une partie des doigts. Elle publie avec Claudine Colozzi le livre Choc Toxique, Faut-il avoir peur des protections hygiéniques, édité chez Flammarion (18,50 euros).

Dans cet épisode, à retrouver ci-dessus, cette habitante de Montoir-sur-Bretagne (Loire-Atlantique) rappelle notamment que le port de protections internes doit durer de quatre à six heures maximum. Et non pas toute une nuit, jusqu’à douze heures, comme l’indiquent certains industriels, misant sur une longue durée d’utilisation comme « un grand atout marketing ».

Culpabilisation des victimes

La trentenaire rappelle l’importance de se laver les mains à l’eau et au savon avant d’introduire une protection dans le vagin, et insiste sur l’intérêt d’alterner les protections internes et externes, avec des serviettes ou des culottes menstruelles. Sandrine Graneau assure également qu'il faut éviter de porter une coupe menstruelle avant les règles, car leur utilisation peut majorer le risque de choc toxique. Et, enfin, rappelle qu’une stérilisation quotidienne de ces coupes doit être effectuée.

« Je trouve que l’on fait beaucoup culpabiliser les femmes parce qu’elles n’ont pas bien fait. Mais ce n’est pas aux femmes de culpabiliser. C’est aux industriels de se remettre en question. Ils ont un rôle à jouer, ils ont une responsabilité. Ils se doivent d’émettre des notices claires et fiables (…) simples et véridiques », lâche note Sandrine Graneau, qui souhaiterait ainsi que les protections intravaginales deviennent des dispositifs médicaux, car « la réglementation serait beaucoup plus contraignante, les informations [devenant] plus fiables et obligatoires ».

Appel aux industriels

Côté prévention, Sandrine Graneau appelle à une information auprès des jeunes, dans les écoles et les lycées, notamment auprès des jeunes filles à l’heure des premières règles. « Ce n’est pas à 30 ans, sur un lit en réanimation, que l’on doit découvrir cette maladie, ou, au hasard, en lisant une notice, ou en lisant un article dans la presse (…) Plus on en parlera, moins ce sera tabou, et moins il y aura de cas », conclut la jeune femme, invitée du rendez-vous Tout Sexplique à l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle.

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