Comment « reprogrammer positivement » son cerveau ?

PODCAST Pour notre rendez-vous « La Bulle », entretien avec Thierry Nadisic à propos de la « méthode ABCDE » pour « reprogrammer positivement » son cerveau

Anne-Laëtitia Béraud

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Et si pouvait-on « reprogrammer » son cerveau ? Contrer les idées qui rabaissent, qui attristent ? Dans notre podcast « Minute Papillon ! », on en parle avec Thierry Nadisic, professeur associé à l’EM Lyon Business School, conférencier, coach, auteur de S’épanouir en temps de crise (Éditions Eyrolles, 14,90 euros). Cet ouvrage propose « 21 techniques de psychologie positive ». Parmi elles, la « méthode ABCDE », fondée par le psychologue américain Albert Ellis, qui propose de « reprogrammer positivement » son cerveau.

Cette technique est issue des thérapies comportementales et cognitives (TCC). Elle vise à s’apercevoir de notre tendance à nous éloigner des faits pour nous focaliser sur leur interprétation. Or, cette dernière est souvent influencée, voire polluée par des croyances infondées. Et ces fausses croyances produisent des conséquences sur nos émotions et nos comportements.

Théories comportementales et cognitives

Dans cet épisode, on s’interroge tout d’abord sur la « psychologie positive ». Est-ce une théorie pour voir la vie en rose bonbon, pour se leurrer ? « Se dire, en se regardant le matin dans le miroir : "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes", cela ne marche pas. La psychologie positive, ou la psychologie des ressources, consiste plutôt à aller voir, repérer, et faire fructifier, développer, les ressources que l’on a en nous », souligne Thierry Nadisic.

Alors qu’« aujourd’hui, la crise est durable, dans un état de nouvelle normalité », Thierry Nadisic évoque la « méthode ABCDE ». « Cette technique, utilisée au départ pour traiter les personnes dépressives, peut être utilisée par tout un chacun, parce que nous avons tous des névroses plus ou moins fortes », rappelle-t-il.

Croyances infondées

« Très souvent, il y a un filtre, […] des croyances infondées très fortes et que l’on ne voit pas, et qu’on appelle l’iceberg », relève Thierry Nadisic. Le but est de rechercher nos biais de croyances, puis démonter nos erreurs de jugements sur nous-mêmes afin de s’en libérer et agir. Cette mécanique intérieure nécessite une pratique régulière, et une prise de recul sur soi-même. « Quand on a pris l’habitude de voir son fonctionnement intérieur comme étant une mécanique, une construction […] sur laquelle on peut avoir une certaine maîtrise, c’est plus facile », souligne l’auteur. Cette technique permettrait, aussi, d’agir sur les émotions fortes.

Selon Thierry Nadisic, « on peut décider de se dire, quand on vit une émotion forte : "Attention, cette émotion forte n’est pas le résultat direct d’un événement". L’émotion est une construction qui vient de pensées sur ce qui vient de se passer. Donc, si on regarde ces pensées, on peut, en partie, transformer nos réactions. »

Pour écouter Thierry Nadisic, c’est simple comme un clic dans le lecteur audio ci-dessus.