La vaccination en France, avec l’historien Olivier Faure, en podcast

PODCAST Dans « Minute Papillon ! », entretien audio avec l’historien Olivier Faure à propos de l’histoire de la vaccination en France

Anne-Laëtitia Béraud

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Bienvenue dans notre podcast « Minute Papillon ! ». Nous évoquons aujourd’hui la vaccination contre le Covid-19 en France, alors que notre pays l’élargit ce lundi à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans, sur fond de crainte de pénurie.

Dans la population, après une méfiance vis-à-vis des vaccins contre le Covid-19 relevée en décembre, différentes enquêtes soulignent que plus d’un Français sur deux désire être vacciné contre le coronavirus. Le sondage Odoxa-Backbone Consulting du 14 janvier note que 56 % des Français souhaitent se faire vacciner contre le coronavirus, alors qu’ils n’étaient que 42 % dans le même sondage le 23 décembre.

Début « artisanal » de la vaccination

Quelle est l’histoire de la vaccination dans notre pays ? Dans cet épisode, intervient Olivier Faure, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Lyon III, membre du laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) et du réseau d’historiens universitaires de la médecine (RHUM).

L’historien revient sur les débuts « artisanaux » de la vaccination. Il rappelle que le médecin anglais Edward Jenner (1749-1823) comprit que la vaccine, « la variole de la vache », était une maladie proche la variole, infection très contagieuse et mortelle pour l’homme. Et que les personnes au contact des vaches semblaient être protégées de la variole lors des épidémies.

Immunité croisée

Le médecin anglais déduit que le virus de la vaccine pouvait immuniser les personnes contre la variole. La vaccination transforma l’ancien procédé de variolisation, à savoir la contamination « de bras à bras », en inoculant du pus provenant de pustules causées par la variole à un sujet sain. Cette méthode, si elle fonctionnait, entraînait cependant des accidents et la transmission d’autres maladies.

« Cette vaccination ni très efficace ni sans danger, est relativement acceptée par une population qu’on pourrait juger aujourd’hui comme étant pleine de préjugés (…). Elle accepte cela, parce qu’elle s’aperçoit que par rapport à la variole, qui est la cause de mortalité principale en Europe occidentale au XIXe siècle, il faut faire quelque chose », relève Olivier Faure.

Acceptation large de la vaccination

L’historien revient ensuite sur le procédé, développé à la fin du XIXe siècle, d’inoculer des variétés atténuées de maladies aux humains, l’exemple le plus connu étant l’inoculation du bacille atténué de Koch, la bactérie responsable de la tuberculose, le corps réagissant et développant une immunité.

« Avant 1920, on utilise des vaccins qu’on appelle des "virus tués" dans lesquels il n’y a plus de germes infectieux, qui ont moins de risque de transmettre la maladie, même atténuée », rappelle Olivier Faure.

L’historien revient aussi sur les raisons motivant les éventuelles réticences au vaccin au XIXe et au début du XXe siècle. « C’était plutôt des réticences sur les conditions de la vaccination que sur le bien-fondé de la vaccination elle-même », souligne Olive Faure. Il évoque ensuite un « véritable engouement, pas uniquement parmi les élites et les médecins, mais dans toute la population » à propos de l’idée d’inoculer une maladie bénigne pour protéger d’une maladie plus grave.

20 secondes de contexte

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