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des vaguesA Toulouse, la tarification « saisonnière »  de l'eau fait des remous

Toulouse : La tarification « saisonnière » de l’eau ? L’idée ne coule pas de source pour tout monde

des vaguesJean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, propose l’instauration d’un « tarif saisonnier » de l’eau. Une mauvaise idée selon le collectif associatif Eau Secours 31
Lors du dernier Conseil métropolitain qui s'est tenu le 7 décembre, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a évoqué l'idée d'une tarification saisonnière de l'eau pour palier les problèmes de sécheresse et d'épuisement des nappes phréatiques en été. . Illustration
Lors du dernier Conseil métropolitain qui s'est tenu le 7 décembre, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a évoqué l'idée d'une tarification saisonnière de l'eau pour palier les problèmes de sécheresse et d'épuisement des nappes phréatiques en été. . Illustration - Canva / Canva
Maëva Fassino

Maëva Fassino

L'essentiel

  • L’association Eau Secours 31, qui promeut une gestion responsable de l’eau, a réagi à l’idée lancée par le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc de lancer une tarification saisonnière de l’eau.
  • Les membres de l’association parlent de « non-sens » tant sur le plan écologique que social, et préconisent plutôt une tarification progressive.
  • Le maire, quant à lui, assure que cette mesure permettrait une consommation plus responsable de l’eau, sans avoir d’incidence sur la facture annuelle des ménages.

Un double contresens : c’est ainsi que les membres de l’association « Eau Secours 31 » qualifient le projet de tarification saisonnière de l’eau, lancée par Jean-Luc Moudenc, le maire de la Ville rose et président Toulouse métropole. Selon eux, cette idée exposée « sans concertation » lors du dernier conseil métropolitain, le 7 décembre, pénaliserait les usagers les plus précaires, sans apporter aucun bénéfice sur le plan écologique. Le maire a, lui, évoqué suivre les recommandations du Conseil économique, social et environnemental (CESE), dévoilées le 29 novembre.

Une idée incomplète ?

Pour l’association, cela ne serait qu’un leurre. « Les conditions ne sont pas requises pour la mise en place de cette tarification saisonnière. M. Moudenc a simplement choisi d’appliquer une seule des neuf préconisations du CESE », explique Claude Touchefeu.

Parmi les étapes préliminaires, on retrouve l’installation de compteurs d’eau individuels pour chaque usager ainsi que la réalisation d’analyse des habitudes de consommation « pour connaître de façon détaillée la consommation des différents abonnés ». Deux points que l’association revendique mais qui n’ont pour l’instant pas été évoqués par le maire.

« Un contresens écologique et une injustice sociale »

Au-delà de ces reproches, c’est la conception même de l’eau qui est différente. En agissant exclusivement sur l’aspect tarifaire, cela reviendrait, selon Claude Touchefeu, à considérer l’eau comme un bien de marchandise et non « un bien commun et une ressource limitée », comme le définit le Parlement européen.

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D’autre part, l’association appelle à encourager les usagers à faire des économies toute l’année. Alors que le tarif saisonnier inciterait plutôt, selon elle, à concentrer les efforts sur la période estivale. « C’est un double contresens, à la fois sur le plan écologique, et sur le plan social », disent les militants. Jean-Luc Moudenc veut mettre en place une action ciblée sur les périodes où les pénuries d’eau sont plus fréquentes.

Une facture annuelle identique

Sur l’aspect social, Eau Secours met en avant la notion « d’usage vital » de l’eau, soit une quantité minimum d’eau consommée par foyer. L’idée du maire de Toulouse pénaliserait, selon elle, en été, les foyers les plus modestes sur cet usage dit vital, tandis qu’elle n’aurait aucune conséquence sur la consommation des entreprises.

Le maire promet quant à lui, pour les particuliers comme pour les entreprises, « une facture annuelle identique », grâce à une hausse des tarifs de 40 % en été et une baisse de 30 % le reste de l’année.

Eau Secours préfère la tarification progressive

La solution proposée par Eau Secours 31 tient en deux mots : la tarification écosolidaire. En clair, l’association préconise une tarification distincte entre les usages domestiques et non-domestiques, avec dans les deux cas une tarification progressive.

Pour tous les foyers, elle demande la mise en place de la gratuité des vingt premiers mètres cubes consacrés à un « usage vital », ainsi que des mesures sociales complémentaires pour les foyers les plus modestes. Pour les entreprises, une tarification spécifique par tranches est souhaitée.

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