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PRÉSERVATION DE LA RESSOURCELe préfet repousse un projet de golf contesté dans l’Hérault

Sécheresse dans l’Hérault : Le préfet refuse un projet contesté de golf

PRÉSERVATION DE LA RESSOURCELe projet avait été initialement autorisé en 2011, mais remis en cause par la sécheresse qui frappe le département
Un club de golf. Illustration.
Un club de golf. Illustration. - PurestocK Sipa / Sipa
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • Le préfet de l’Hérault a émis un avis défavorable à un projet de golf dans le département de l’Hérault.
  • Ce dernier avait obtenu une autorisation préfectorale en 2011, mais « dans un contexte de sécheresse précoce et de nécessaire préservation de la ressource en eau, le préfet a sollicité dès janvier 2023 une réactualisation du dossier ».
  • Le projet faisait l’objet d’une très forte opposition, notamment d’autres utilisateurs touchés par des restrictions liées à l’usage de l’eau ces derniers mois.

Le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh, a émis un avis défavorable au projet de Golf du domaine de Lavagnac, situé sur la commune de Montagnac, à proximité de Pézenas, dans l’Hérault. Objet d’une autorisation par arrêté préfectoral du 9 septembre 2011, il comprenait notamment une opération immobilière de logements individuels et collectifs, ainsi que la création d’un golf de 18 trous.

« Dans un contexte de sécheresse précoce et de nécessaire préservation de la ressource en eau, le préfet a sollicité dès janvier 2023 une réactualisation du dossier », détaille le représentant de l’Etat dans l’Hérault. Le porteur de projet avait été invité à expliciter les modalités de la disponibilité de la ressource en eau, pour l’irrigation de ce golf. « Il s’avère que les modifications envisagées, portées à la connaissance des services de l’Etat le 30 avril, n’apportent pas de solution tangible sur la question centrale de l’alimentation en eau. »

« Un projet écologiquement insoutenable »

« Certes substantielles (…), ces propositions ne sont pas de nature à répondre aux enjeux actuels de préservation de la ressource en eau », souligne Hugues Moutouh. « A l’heure où le réchauffement climatique conduit à des périodes de sécheresse durable et où la ressource en eau doit être préservée, tout projet de conception ancienne mérite d’être réinterrogé. »

Le projet faisait l’objet de nombreuses oppositions localement, notamment celle d’Eric Poujade (Génération Ecologie). Ce conseiller municipal du Vigan (Hérault) qui siège à la Commission locale de l’eau du fleuve Hérault « C’est un projet écologiquement insoutenable, s’époumonait-il auprès de 20 Minutes en janvier. Qu’est-ce qu’on va leur dire, aux agriculteurs qui n’avaient pas eu le droit d’irriguer l’été dernier ? Qu’eux ne peuvent pas arroser leurs champs, mais que les ressources, on les réserve pour une poignée de personnes qui viendront faire un 18 trous bien vert à quelques kilomètres de là ? »

Le porteur du projet peut contester la décision devant le tribunal administratif de Montpellier.

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