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Climat : Le greenwashing des banques épinglé par des économistes de la BCE

effet d’affichageUn blog d’économistes de la Banque centrale européenne met en évidence un « décalage » criant entre la parole et les actes des banques
Des manifestants de Fossil Free London devant le siège de JP Morgan à Canary Wharf, exigeant que la banque cesse de financer des projets liés aux combustibles fossiles.
Des manifestants de Fossil Free London devant le siège de JP Morgan à Canary Wharf, exigeant que la banque cesse de financer des projets liés aux combustibles fossiles. - Wiktor Szymanowicz/Shutterstock/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

«Paroles et paroles et paroles », chantait Dalida. C’est en substance le message que fait passer un blog d’économistes de la Banque centrale européenne (BCE) concernant le greenwashing de certaines banques affirmant être engagées pour le climat tout en continuant de prêter largement aux industries fossiles.

Le secteur bancaire est aux avant-postes pour financer la transition vers une économie plus verte, via des plans de sortie totale ou partielle des énergies fossiles et des installations d’énergies renouvelables. Cela amène les superviseurs et investisseurs à scruter de près la communication publiée sur le sujet.

Or, des recherches portant sur les prêts d’un échantillon de quelques centaines de grandes banques en zone euro, sur la période de 2014 à 2020, montrent que les établissements qui « se présentent comme plus soucieux de l’environnement prêtent plus que les autres aux industries brunes », écrivent quatre économistes de la BCE dans une note de blog publiée mercredi.

Des clients trop précieux

Leur article, publié en pleine COP28, met en évidence un « décalage » criant entre la parole et les actes des banques. Explication : ces établissements sont « réticents » à perturber une longue relation commerciale « avec des emprunteurs à plus grande empreinte carbone », qui ont de leur côté des soucis de rentabilité et pour trouver d’autres financements.

Il ne faudrait pas y voir un « effet d’affichage ("greenwashing") » si ces banques finançaient bien « la transition des emprunteurs bruns vers des technologies à faibles émissions », poursuivent les économistes. Mais, malgré des crédits alloués par les banques qui se disent « vertes », les entreprises les plus polluantes « ne montrent pas qu’elles réduisent leurs émissions ou ne s’engagent pas sur des objectifs d’émission volontaires », pointent les économistes.

Il est aussi « frappant » de voir les banques « réticentes » à prêter aux jeunes entreprises dans les secteurs polluants, alors que celles-ci pourraient « potentiellement stimuler l’innovation dans des technologies plus propres », soulignent encore les experts. Si l’information sur les prêts verts des banques est devenue plus riche depuis l’accord de Paris en 2015 sur le climat, reste que les banques « ne sont pas suffisamment incitées à modifier leurs politiques de prêt », selon l’article.

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