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Réchauffement climatique : Un chercheur dénonce son licenciement pour avoir refusé de prendre l’avion

flygskamLe scientifique a refusé à plusieurs reprises de rentrer en Europe en avion, malgré les demandes répétées de son employeur
Le chercheur a refusé à plusieurs reprises de rentrer en Europe en avion, malgré les demandes répétées de son employeur. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
Le chercheur a refusé à plusieurs reprises de rentrer en Europe en avion, malgré les demandes répétées de son employeur. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Canva / Canva
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Au nom de la protection du climat, Gianluca Grimalda a refusé à plusieurs reprises de rentrer en Europe en avion. Le scientifique et militant écologiste italien était en mission en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il dénonce son licenciement par son employeur allemand après avoir refusé de prendre l’avion. Gianluca Grimalda, chercheur à l’Institut pour l’économie mondiale (IfW), dont le siège est à Kiel (nord de l’Allemagne), a reçu mi-octobre une lettre, consultée ce vendredi par l’AFP, lui indiquant que leur « relation de travail était terminée ».

Aucun motif n’est spécifié dans ce courrier. Quelques jours plus tôt, le scientifique, spécialiste en psychologie sociale, avait reçu un ultimatum de son employeur lui intimant de « rentrer en avion », sous peine de licenciement, ce qu’il avait refusé. « Avec un seul trajet en avion, j’aurais dégagé autant de CO2 qu’une personne en moyenne sur un an. C’est absolument inenvisageable pour moi », explique-t-il par téléphone depuis l’île Bougainville.

Train, car et bateau pour parcourir 16.000 kilomètres

Gianluca Grimalda, âgé de 51 ans et de nationalité italienne, vient de passer six mois à étudier les effets sociaux du changement climatique en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un Etat insulaire de l’océan Pacifique. Militant écologiste membre du collectif Scientist Rebellion, il avait déjà décidé de ne prendre pour son voyage aller, en février, que « le train, le car et le bateau » sur les deux tiers du parcours, soit 16.000 km sur 22.000 km au total à partir de l’Allemagne.

Pour son retour, le chercheur voulait faire de même, avec une arrivée à Kiel, en accord selon lui avec son employeur, prévue au 10 septembre. Mais ses travaux ont pris du retard. Le chercheur dit notamment avoir été victime d’une prise d’otage fomentée par d’anciens combattants indépendantistes, tandis que l’éruption d’un volcan a entraîné l’annulation d’un déplacement.

Un employé qui souffre « d’anxiété climatique »

L’institut IfW Kiel lui a alors demandé de revenir au 2 octobre, selon une lettre également consultée par l’AFP, un délai aujourd’hui dépassé. Le scientifique déclare souffrir d'« anxiété climatique », confirmée, selon ses dires, par un médecin local. « Si je prends l’avion, je risque de faire une crise de panique », déclare-t-il.

« Ce qui se passe actuellement avec le climat est effrayant, et va très vite », ajoute Gianluca Grimalda. Il déclare vouloir, une fois rentré en Allemagne, contester ce licenciement devant la justice, en invoquant ces raisons de santé mentale. Contacté par l’AFP, l’institut déclare de son côté ne pas « commenter publiquement des questions internes liées au personnel » afin de « protéger la vie privée des employés ».

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