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RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUEPasser de la canicule à la neige ? « Il faudra s’habituer », selon un météorologue

« Avec le réchauffement climatique, il faudra s’habituer » à passer de la canicule à la neige, prévient un météorologue

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUEEn quatre jours, Val Thorens, en Savoie, est passé de 28 °C à 0 °C, avec de la neige. Si ce genre d’événement reste « classique », l’écart brutal des températures est une des conséquences du réchauffement climatique
Lundi 28 août, plus de 15cm de neige sont tombés à Val Thorens, à 2.300m d'altitude (Illustration)
Lundi 28 août, plus de 15cm de neige sont tombés à Val Thorens, à 2.300m d'altitude (Illustration) - Office du tourisme de Val Thorens / Office du tourisme de Val Thorens
Elise Martin

Elise Martin

L'essentiel

  • Après la canicule tardive, où des records de chaleurs ont été observés, plusieurs centimètres de neige sont tombés dans les Alpes et les Pyrénées.
  • Si le phénomène peut paraître surprenant, il est pourtant « classique », selon Denis Roy, responsable de la direction Centre-Est de Météo-France.
  • Le caractère « exceptionnel » est dû à la canicule, qui a imposé un contraste « brutal » entre les températures.

Après la canicule et les records de chaleurs absolus, de la neige est tombée en ce fin de mois d’août, comme à Val Thorens, en Savoie, ou à l’Alpe d’Huez, en Isère mais aussi au pic du Midi de Bigorre dans les Pyrénées. « Elle est apparue à partir de 2.000 m d’altitude, explique Denis Roy, responsable de la direction Centre-Est de Météo-France. Vers 2.500 m d’altitude, on a relevé entre 30 à 50 cm de neige. » Si cet épisode météorologique peut paraître surprenant, il reste « classique » pour la période de l’année, assure le spécialiste.

« A la fin du mois d’août ou au début du mois de septembre, on observe régulièrement les premières situations automnales, ajoute-t-il. Le retour de la neige est donc habituel à ces hauteurs-là même si ce n’est pas systématique. L’épisode pluvieux, et donc neigeux, pris dans sa totalité, est tout de même remarquable. On a eu quasiment l’intégralité des précipitations d’un mois d’août regroupé en trois jours. Même si on ne peut pas le qualifier d’exceptionnel, on peut reconnaître que ça n’arrive pas tous les ans. »

Un contraste important à cause de la canicule

Pour le météorologue, le caractère « anormal » de cette séquence est dû à la canicule tardive que plusieurs territoires de France viennent de vivre. Il rappelle : « Les trois seules canicules qui se sont produites après un 15 août depuis 1947 étaient en 2009, 2011 et 2012. C’est donc un phénomène récent. Celle de cette année a eu une ampleur exceptionnelle, avec des températures proches de 2003, mais en s’arrêtant un 24 août. »

En l’espace de quatre jours donc, les températures ont dégringolé. A Val Thorens, le thermomètre frôlait les 28 °C avant de passer à 0 °C. « On se situe dans une intersaison, dans laquelle la météo change beaucoup d’un jour à l’autre, constate Denis Roy. Il est moins probable d’avoir cet écart de températures en plein de mois de juillet. Dans ce cas-là, le contraste est d’autant plus important puisque nous étions dans une situation extrême de chaleur. »

Il ajoute : « L’année dernière, nous avons vu qu’il était possible d’avoir des canicules précoces, et cette année, des canicules tardives. Bientôt, on aura les deux en même temps. Nous allons devoir nous habituer à ces modifications de temps qui peuvent être brusques. Ce sont des conséquences du réchauffement climatique, toutes les études sur le sujet indiquent que les occurrences des phénomènes extrêmes vont s’amplifier. »

« Difficile de qualifier un événement dans un climat qui change vite »

A l’inverse, les coups de froid à cette période pourraient devenir « exceptionnels » d’ici vingt ou trente ans. Le responsable local de Météo-France rappelle que, dès le début du mois d’août, un épisode de neige, moins important, avait été observé dans les Alpes. Un fait toujours « classique », mais qu’on « retrouve de moins en moins souvent », pointe Denis Roy.

« D’une manière générale, c’est difficile de qualifier un événement dans un climat qui change très vite, accéléré par le réchauffement climatique, développe-t-il. On s’appuie sur des statistiques qui sont calculées par rapport aux trente dernières années. Mais au sein de notre échantillon de comparaison, il y a eu de nombreuses évolutions en peu de temps. »

Et pour cet hiver, le météorologue prévient qu’il est « trop tôt pour les tendances ». Mais les importantes chutes de neige des derniers jours « ne présument en rien ce que sera la prochaine saison ». En attendant, le retour d’un « temps calme » est prévu, avec une hausse des températures. « Pour une dizaine de jours, les températures seront supérieures à 25 °C, c’est-à-dire, toujours deux à trois degrés au-dessus des normales saisonnières », conclut-il.

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