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chaud devantUn mois de juin aux températures records en Europe et ailleurs

Réchauffement climatique : Du Royaume-Uni au Mexique, le mois de juin marqué par une chaleur record

chaud devantLe monde a connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, selon l'observatoire européen Copernicus
Le mois de juin 2023 a été le plus chaud jamais enregistré #short
Cécile De Sèze

C.d.S avec AFP

C’est une image rare au mois de juin. Un Londonien se mettant torse nu pour prendre le soleil dans le parc de Wimbledon. Mais il a fait jusqu’à 32,2 °C au Royaume-Uni le mois dernier, un record pour ce pays plutôt connu pour son ciel gris et pluvieux. Ce n’est pas le seul endroit en Europe où le thermomètre a chauffé. En Espagne ou encore en France, le mois a également été particulièrement chaud à l’image des températures moyennes mondiales relevées début juin, les plus chaudes jamais enregistrées pour cette période par le service européen Copernicus.

32,2 °C au Royaume-Uni

C’était le mois de juin le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni, en termes de température moyenne, maximale et minimale, selon les services météorologiques britanniques. La température moyenne le mois dernier a atteint 15,8 °C, soit 0,9 °C de plus que le précédent record de 14,9 °C constaté en juin 1940 et juin 1976, a détaillé le Met Office, qui souligne que le réchauffement climatique accroît le risque d’atteindre des températures records.

La température la plus élevée a atteint les 32,2 °C, a détaillé Mark McCarthy des services météorologiques britanniques, cité dans un communiqué. Le pays a connu plusieurs jours de fortes chaleurs autour de la mi-juin, conduisant même les autorités à imposer des réductions d’usage de l’eau dans le sud-est de l’Angleterre, tandis que l’Ecosse s’inquiétait du niveau de l’eau dans ses rivières et lochs.

« Ce qui est frappant c’est la persistance de la chaleur pendant une grande partie du mois, avec des températures en grande partie autour de 25 °C, et même parfois un peu supérieures à 30 °C », a-t-il ajouté. Les quatre nations du Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord) prises séparément ont par ailleurs aussi chacune connu leur mois de juin le plus chaud.

Plus de 44,4 °C en Espagne

Après un mois d’avril déjà étouffant, l’Espagne a eu de nouveau très chaud en juin faisant face à sa première vague de chaleur de l’été. Les températures ont dépassé les 44 degrés dans le Sud la semaine dernière. Cette vague de chaleur a fait grimper le thermomètre au-dessus des 38 degrés à Madrid et à 44,4 degrés à El Granado, en Andalousie, selon l’agence météorologique (Aemet).

L’envolée des températures a conduit les autorités à activer leurs plans antichaleur, qui déterminent les différents niveaux de risques pour la population et permettent d’adapter les horaires des écoles et des travaux en plein air. En 2022, plusieurs travailleurs avaient trouvé la mort sur leur lieu de travail en Espagne, en raison de températures extrêmes. Ces décès avaient poussé les autorités à renforcer les mesures de protection des salariés, en interdisant le travail aux heures les plus chaudes.

Deuxième mois de juin le plus chaud depuis 2003 en France

L’été 2003 a laissé un souvenir douloureux en France, avec une canicule meurtrière. Pas de quoi se réjouir alors que ce mois de juin a été le plus chaud en vingt ans. « Le mois de juin 2023 se classe au deuxième rang des mois de juin les plus chauds sur la période 1900-2023 derrière juin 2003 », a ainsi souligné Météo-France. La température moyenne à l’échelle de la France était de 21,6 °C en juin cette année, contre 22,4 °C en juin 2003, a précisé Météo-France à l’AFP.

La chaleur a été marquée en particulier sur une grande moitié nord, tandis que des épisodes orageux se sont succédé au sud. « Les températures, tant minimales que maximales, sont restées au fil du mois très douces sur l’ensemble de la France sans toutefois que le pays ne connaisse de véritable vague de chaleur », a ajouté Météo-France.

Plus de 40 °C au sud des Etats-Unis

Il n’y a pas qu’en Europe que la chaleur frappe de plein fouet les habitants. Une vague de chaleur s’est abattue sur le sud des Etats-Unis, en particulier sur le Texas et la Louisiane, avec des températures « dangereuses ». Des millions d’Américains sont sous le coup d’alertes à la chaleur extrême, avec des températures dépassant souvent les 40 °C. L’épisode touche également une partie du Nouveau-Mexique, de l’Arkansas, du Mississippi, de l’Alabama et le nord de la Floride.

« Cette vague de chaleur est plus intense, plus étendue, et probablement aussi plus longue » que ce qu’elle aurait été sans l’impact des activités humaines, a déclaré à l’AFP Andrew Pershing, vice-président en charge de la science pour l’ONG Climate Central. Une analyse préliminaire menée par cette organisation a déterminé que les températures actuelles étaient rendues au moins cinq fois plus probables par le changement climatique.

Une centaine de morts au Mexique

La chaleur peut être mortelle. Un total de 104 personnes sont ainsi décédées au Mexique entre le 12 et le 25 juin en raison d’une vague de chaleur extrême qui a frappé le nord désertique et la capitale aux neuf millions d’habitants, a indiqué le gouvernement. Le plus grand nombre de victimes (64) a été enregistré dans l’Etat industriel du Nuevo Leon (nord-est) à la frontière du Texas, a indiqué le secrétariat (ministère) de la Santé dans un rapport daté de mercredi, que l’AFP s’est procuré jeudi.

Une température record de 49 degrés a été enregistrée dans l’état du Sonora (nord-ouest), de même source. A cette époque de l’année, les températures moyennes oscillent entre 30 et 45 degrés. Les coups de chaud et la déshydratation sont à l’origine de la plupart des décès. Une nouvelle vague de chaleur pourrait toucher le pays aux 127 millions d’habitants début juillet.

Canicule dans les océans

Autre phénomène marquant de ces dernières semaines : une canicule inédite frappe actuellement les océans et notamment les eaux de l’Atlantique. La moitié des océans du globe pourraient connaître une forme de canicule marine d’ici la fin de l’été, a mis en garde l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) cette semaine, sur la base d’un système de prévision expérimental.

Selon les scientifiques, les grosses chaleurs et canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du réchauffement de la planète et sont appelées à encore se multiplier, s’allonger et s’intensifier.

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