Nucléaire: une ONG évoque des "doutes" sur la sécurité de robinets, EDF nie

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Le réseau Sortir du Nucléaire a affirmé mercredi en citant des documents internes d'EDF que l'électricien avait des "doutes" sur la résistance de l'acier de robinets des circuits primaires de refroidissement de 31 réacteurs nucléaires, mais EDF a rétorqué qu'il n'y avait "aucun risque".
Le réseau Sortir du Nucléaire a affirmé mercredi en citant des documents internes d'EDF que l'électricien avait des "doutes" sur la résistance de l'acier de robinets des circuits primaires de refroidissement de 31 réacteurs nucléaires, mais EDF a rétorqué qu'il n'y avait "aucun risque". — Alain Jocard afp.com

Le réseau Sortir du Nucléaire a affirmé mercredi en citant des documents internes d'EDF que l'électricien avait des "doutes" sur la résistance de l'acier de robinets des circuits primaires de refroidissement de 31 réacteurs nucléaires, mais EDF a rétorqué qu'il n'y avait "aucun risque".

Selon l'ONG, ces documents montrent que "certains composants (robinets, clapets et vannes) du circuit primaire de 31 réacteurs de 900 MWe sont particulièrement sujets à l'usure due à la dégradation thermique des métaux et pourraient se rompre brutalement".

Sollicité par l'AFP, EDF a assuré qu'"il n'y a actuellement aucun risque avec ces robinetteries", en expliquant que les documents évoqués sont des études portant sur des "échéances lointaines" et qui ne permettent de tirer "aucune conclusion" et doivent être complétées par "de nouvelles études".

Le réseau Sortir du Nucléaire évoque "différents scénarios présentés dans les documents EDF", selon lesquels en cas de "rupture brutale (...) sur certains robinets affectés par le vieillissement thermique", la conséquence serait "une perte importante de liquide de refroidissement primaire". "Même l'injection d'eau de secours ne pourrait pas compenser cette baisse du niveau d'eau dans la cuve du réacteur. Le coeur du réacteur ne serait plus suffisamment refroidi et commencerait à fondre", selon l'ONG.

Dans le pire des scénarios accidentels évoqués, "la rupture de la cuve surviendrait en moins de 90 minutes et le personnel de la centrale assisterait alors, impuissant, à un accident majeur avec risque de contamination massive et rapide de l'environnement", ajoutait le réseau Sortir du Nucléaire.

En réaction, EDF a expliqué qu'il n'y avait "aucun doute" sur la sécurité actuelle des 118 robinets évoqués dans ces études. Mais "la robinetterie est garantie sur les 40 années d'exploitation, et aujourd'hui, on n'est pas capable de dire si ces robinetteries seront capables de résister aux contraintes thermiques au-delà de ces 40 ans d'exploitation", a concédé une porte-parole d'EDF.

"Les premières études menées ne permettent pas de le dire. C'est pourquoi nous allons mener en 2012-2013 de nouvelles études, pour voir si les robinetteries tiendraient au-delà", a-t-elle ajouté.

En réponse à Sortir du Nucléaire, qui s'indigne d'une "simple campagne de mesures des robinets qui s'achèvera... en 2015 !", au lieu du remplacement des 118 robinets, EDF répond: "il n'y a aujourd'hui strictement aucun risque avec ces robinets".