Les industriels de l'énergie renouvelable accablés par les procédures

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Des milliers d'emplois détruits en 2011 dans le photovoltaïque, des objectifs difficilement accessibles dans l'éolien : les industriels des énergies renouvelables suggèrent des investissements massifs dans les énergies "vertes" et réclament un allègement des procédures.
Des milliers d'emplois détruits en 2011 dans le photovoltaïque, des objectifs difficilement accessibles dans l'éolien : les industriels des énergies renouvelables suggèrent des investissements massifs dans les énergies "vertes" et réclament un allègement des procédures. — Jeff Pachoud afp.com

Des milliers d'emplois détruits en 2011 dans le photovoltaïque, des objectifs difficilement accessibles dans l'éolien : les industriels des énergies renouvelables suggèrent des investissements massifs dans les énergies "vertes" et réclament un allègement des procédures.

Le syndicat des énergies renouvelables (SER) a publié jeudi son premier "Livre blanc", proposant sa feuille de route pour 2020 et ses projections pour 2030 détaillant "douze propositions pour agir concrètement dès aujourd'hui".

"Une dynamique de développement a été enclenchée, elle demande désormais à être accélérée", estime le SER, qui regroupe les industriels du secteur.

"Notre objectif, c'est d'être à 25% d'énergies renouvelables" en 2020 dans le bouquet énergétique, plutôt que les 23% prévus par le Grenelle", a indiqué Jean-Louis Bal, président du SER, devant la presse, évoquant la possibilité de 125.000 emplois directs et indirects en plus.

Les énergies renouvelables -avec l'apport important de l'hydraulique- représentent aujourd'hui 13% de l'énergie consommée.

Il s'est réjoui que pour l'éolien et le photovoltaïque, l'industrie française soit "présente sur l'ensemble de la chaîne".

Mais faute d'un coup d'accélérateur, l'objectif 2020 du Grenelle pour l'éolien, de 19.000 MW sur terre et 6.000 MW off-shore, risque de n'être pas atteint.

Certes, l'éolien terrestre connaît en France un développement important, avec une puissance multipliée par 13 depuis 2006 et 6.500 MW aujourd'hui installés. Mais le rythme est selon le SER "insuffisant". Pour atteindre l'objectif du Grenelle, "il faudrait 1.200 à 1.300 MW installés par an" contre 1.000 par exemple en 2010, a estimé Nicolas Wolff, président de France énergie éolienne.

"On rate le virage de l'éolien", estiment certains spécialistes.

Les industriels incriminent "l'empilement des procédures et l'augmentation du nombre de recours" -- 31% des permis de construire accordés font l'objet d'un recours en annulation -- augmentant considérablement les délais.

A l'automne, la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet s'était engagée à simplifier ces procédures.

Pour l'éolien off-shore, un appel d'offres vient d'être clos pour une première tranche représentant 3.000 MW, qui pourrait être installée vers 2016/2017, avec sans doute selon les industriels une puissance effective moindre, de l'ordre de 2.500 MW.

Un appel d'offres pour une deuxième tranche doit être lancé mi-2012, mais les délais pour obtenir un permis de construire off-shore sont particulièrement longs (5 ans ou plus). Pour atteindre les objectifs du Grenelle, le SER demande donc "une accélération du processus".

Quant au photovoltaïque, les objectifs du Grenelle -- 5.400 MW en 2020 -- devraient eux facilement être atteints avec 2.384 Mw raccordés fin septembre.

Mais la baisse des tarifs de rachat de l'électricité solaire effective depuis mars 2011, au terme d'un moratoire de trois mois, a été fortement dommageable pour nombre de petites entreprises du secteur: l'année 2011 a été "destructrice" pour les emplois, passés de 25.000 à 18.000, souligne le SER.

Pour "reconstruire" la filière, ils préconisent de modifier le système et de "généraliser le photovoltaïque dans les règles d'urbanisme et de réglementation thermique".

Selon leur "Livre blanc", "dès 2016 l'électricité photovoltaïque sera d'un coût inférieur au prix de l'électricité acheminée chez le client domestique".

Face à la forte croissance du nombre d'installations et la baisse des coûts, les industriels proposent de le réviser à la hausse les objectifs du Grenelle et préconisent une cible de 20.000 MW pour 2020.