EDF, GDF Suez et Iberdrola se disputent les futurs parcs d'éoliennes en mer

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Dix candidatures ont été déposées dans l'appel d'offres lancé en France en vue d'installer des centaines d'éoliennes au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique, soit une moyenne de deux offres pour chacun des cinq sites en jeu, a confirmé mercredi le gouvernement.
Dix candidatures ont été déposées dans l'appel d'offres lancé en France en vue d'installer des centaines d'éoliennes au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique, soit une moyenne de deux offres pour chacun des cinq sites en jeu, a confirmé mercredi le gouvernement. — Jeff Pachoud afp.com

Des groupements menés par EDF, GDF Suez et le groupe espagnol Iberdrola se sont déclarés mercredi candidats à l'appel d'offres géant du gouvernement visant à installer pour la première fois des centaines d'éoliennes au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique.

Les candidats avaient jusqu'à ce mercredi pour remettre leurs offres au gendarme du secteur, la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui analysera leurs projets en vue d'une désignation des lauréats par le gouvernement en avril.

Le gouvernement a confirmé dans l'après-midi que dix dossiers au total avaient été remis pour les cinq parcs d'éoliennes à construire, comme l'avait indiqué auparavant à l'AFP une source proche du dossier.

Elles émanent de consortiums montés par les champions français de l'énergie EDF et GDF Suez, qui visent chacun quatre sites, et par leur rival espagnol Iberdrola, intéressé par deux zones. Tous avaient annoncé leur intention de se lancer dans la course depuis plusieurs mois.

Ils vont se disputer cinq sites situés à une quinzaine de kilomètres au large de la Normandie, de la Bretagne et de la Loire-Alantique, qui avaient été sélectionnés l'an dernier par le gouvernement en vue de l'implantation au total de 500 à 600 turbines géantes (plus de 200 mètres de haut).

Hormis Le Tréport, en Seine-Maritime, où l'équipe menée par GDF Suez se retrouve seule en lice, deux à trois groupements se disputeront chacune des zones. Les consortiums se fourniront en éoliennes auprès d'Alstom, Areva ou Siemens.

L'équivalent de trois réacteurs nucléaires

Cet appel d'offres vise à produire jusqu'à 3 gigawatts d'électricité, soit l'équivalent de trois réacteurs nucléaires, conformément à l'objectif gouvernemental de porter à 23% d'ici 2020 la part de l'électricité nationale issue de sources renouvelables. Il sera suivi d'un second programme de taille équivalente.

La France veut en profiter pour faire émerger une nouvelle filière "verte", dédiée à la fabrication, la maintenance et l'exploitation des éoliennes en mer, domaine où elle est pour l'instant en retard sur ses voisins.

En particulier, la plupart des turbines seront fabriquées soit par Areva, soit par Alstom, qui ont promis d'installer des usines dans l'Hexagone au cas où ils seraient retenus.

"Nous voulons faire du développement de l'éolien offshore l'opportunité de créer en France une filière industrielle d'excellence. De l'ordre de 10.000 emplois pourraient être créés dans notre pays", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Energie, Eric Besson.

Le gouvernement devra toutefois naviguer entre plusieurs écueils, dont un calendrier serré. Il veut en effet désigner les lauréats avant les échéances électorales du printemps.

Par ailleurs, comme pour les éoliennes terrestres, ces projets en mer génèrent de multiples inquiétudes localement, en matière de protection de l'environnement, de tourisme ou de pêche. Un précédent appel d'offres organisé sur un site haut-normand en 2004-2005 est d'ailleurs resté dans les limbes en raison de recours des riverains.

La principale fédération d'hôteliers, l'Umih, a tiré à boulets rouges contre ce projet, dénonçant "une véritable folie collective menée par un puissant lobby de l'éolien, pour polluer en bétonnant nos littoraux et détruire nos emplois et nos entreprises touristiques".

Les conditions de cet appel d'offres, dont EDF et GDF Suez devraient se tailler la part du lion avec huit candidatures sur dix, ont généré des soupçons de favoritisme franco-français, relayées par des industriels allemands mais aussitôt récusées par la France.

Le groupe portugais EDP a préféré carrément passer son tour, jugeant l'appel trop réduit pour permettre à un plus grand nombre de candidats de se jeter à l'eau.