A l'échelle mondiale, le gaz de schiste modifie les perspectives énergétiques

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Les gaz et huiles de schiste, s'ils suscitent une forte opposition en France, modifient les perspectives énergétiques à l'échelle mondiale en raison de réserves planétaires importantes, notamment aux Etats-Unis où l'exploitation des gaz non conventionnels croît fortement.

Les réserves prouvées de gaz au niveau mondial peuvent assurer une soixantaine d'années de consommation au rythme actuel, indiquait une récente note du Conseil d'analyse stratégique (CAS). Avec les gaz non conventionnels, comme le gaz de schiste, "cette durée pourrait plus que doubler", selon le CAS.

A l'échelle mondiale, les ressources exploitables en gaz non conventionnels seraient supérieures à celles de gaz conventionnels.

Le tiers de ces ressources seraient localisées dans la zone Asie-Pacifique, notamment en Chine où un centre de recherches a été lancé, et le quart en Amérique du nord, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Mais les sous-sols du Moyen-Orient, des pays de l'ex-URSS, d'Amérique du Sud et d'Europe abriteraient aussi des réserves non négligeables.

Ces gaz non conventionnels (gaz de schiste, mais aussi gaz de réservoir compact ou "tight gas"), qui ne peuvent être exploités avec les modes de production classiques, sont connus depuis longtemps.

C'est la mise en oeuvre récente de nouvelles technologies aux Etats-Unis qui rend aujourd'hui possible, aux yeux des industriels, l'exploitation commerciale de ces réserves de gaz de schiste à travers le monde.

La hausse des prix des hydrocarbures classiques a permis le développement de technologies jusqu'ici peu utilisées pour des raisons de coûts: le forage horizontal et la fracturation hydraulique des roches.

Pour extraire les gaz de schiste, il faut en effet forer à l'horizontale jusqu'à 3 km de profondeur et injecter d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques pour fracturer la roche. Cette technique est toutefois fortement contestée car accusée de polluer les nappes phréatiques.

En dépit de l'opposition croissante, y compris aux Etats-Unis, la part des gaz non conventionnels dans la production gazière américaine n'a cessé de croître ces dernières années pour atteindre plus de 50% aujourd'hui.

Une évolution notamment due à l'engouement pour les gaz de schiste, qui représentaient environ 3% de la production de gaz des Etats-Unis en 2006 pour atteindre 15% aujourd'hui, selon l'Institut Français du Pétrole (IFP).

Les industriels, s'inspirant de l'exemple américain, multiplient désormais les prospections dans le monde, d'où les permis de recherches demandés ces dernières années en France pour les gaz et les huiles (pétroles) de schiste.

En France, aucun forage d'exploration n'a eu lieu pour évaluer les réserves de gaz de schiste mais le récent pré-rapport commandé par le gouvernement a chiffré les réserves à "90 ans de notre consommation actuelle" de gaz.

Pour l'huile, l'Agence internationale de l'énergie "ne donne pas d’indication sur le potentiel mondial" mais ce pré-rapport avance un chiffre de "100 millions de m3 techniquement exploitables" dans le bassin parisien.