La France a des atouts pour devenir un acteur important de l'éolien en mer

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La France a des atouts pour devenir un acteur important de l'énergie éolienne en mer (offshore) si elle mise sur l'innovation et ne tarde pas à lancer un appel d'offres dans ce domaine, selon une étude du cabinet PwC publiée lundi.

Le secteur européen de l'éolien en mer devrait croître de 20% chaque année d'ici à 2035, estime PricewaterhouseCoopers (PwC), qui prévoit que ce marché dépassera celui de l'éolien sur terre en 2026 du fait "de la saturation des sites".

En 2035, ce sont 25 gigawatts (GW) d'éoliennes qui seront installées chaque année au large des côtes européennes, selon PwC.

"La France possède beaucoup d'atouts pour capter la croissance de ce marché", assure Philippe Degonzague, responsable du groupe stratégie de PwC, citant notamment les 3.500 km de côtes de l'Hexagone et un savoir-faire "fort".

Une des premières conditions à l'émergence d'une industrie française de l'éolien offshore est la création d'un marché national.

"Les industriels restent suspendus au lancement de l'appel d'offres qui a été reporté à plusieurs reprises", note M. Degonzague.

Le lancement d'un appel à candidatures pour la construction de quelque 600 éoliennes en mer avait été prévu pour le mois de septembre, puis reporté. Le gouvernement a annoncé récemment que les modalités de l'appel d'offres seraient définies avant la fin de l'année.

"Plus cet appel d'offres sera retardé et plus les décisions d'investissement risquent d'être remises en cause", estime M. Degonzague.

La France a pour objectif de développer 6.000 mégawatts (MW) d'éolien offshore d'ici 2020.

Pour rattraper son retard, la France doit par ailleurs miser sur l'innovation, estime PwC. Elle pourrait par exemple développer les éoliennes flottantes, "une vraie rupture technologique, sur laquelle les acteurs français pourraient être leader du marché", selon Alexis Chauffert-Yvart, rédacteur de l'étude.

"C'est une technologie qui serait conforme aux complexités géographiques françaises: sur les côtes françaises, le fond tombe très vite, donc cela permettrait d'installer plus de mâts au large des côtes françaises à un moindre coût", indique-t-il.