Une "autopsie" de poubelles à Paris pour désigner les "déchets évitables"

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Bouteilles en plastique, dosettes en aluminium, suremballages en carton: voilà autant de "déchets évitables", selon le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), qui a organisé samedi une "autopsie de nos poubelles", place de la Nation à Paris.
Bouteilles en plastique, dosettes en aluminium, suremballages en carton: voilà autant de "déchets évitables", selon le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), qui a organisé samedi une "autopsie de nos poubelles", place de la Nation à Paris. — Boris Horvat afp.com

Bouteilles en plastique, dosettes en aluminium, suremballages en carton: voilà autant de "déchets évitables", selon le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), qui a organisé samedi une "autopsie de nos poubelles", place de la Nation à Paris.

Un énorme tas de sacs poubelles, de 1,5 mètre de hauteur et de largeur, symbolisait les 400 kilos d'ordures ménagères que jette, en moyenne, par an chaque Français, dont 44 kilos de plastique, 20 kilos de prospectus publicitaires et 110 kilos d'emballages, soulignaient des pancartes en noir et blanc.

Pourtant, 150 kilos, soit 38% du total, sont des "déchets évitables", selon l'association, qui a organisé cette action de sensibilisation à l'occasion de la Semaine de la réduction des déchets.

"Il s'agit de faire prendre conscience de l'aberration où nous mène la société de consommation", déclare Sébastien Lapeyre, directeur du Cniid. Premiers visés, les suremballages en carton et le recours aux bouteilles ou doses en plastique dans la grande distribution.

Informés par le bouche à oreille, précise-t-il, des volontaires ont apporté de vrais sacs poubelles, que deux militantes de l'association se sont chargés d'autopsier.

Apparaissent d'abord des feuilles de choux, des légumes entiers un peu desséchés. Ce sont des déchets organiques, ils pourraient être compostés, transformés en méthane, expliquent-elles, évoquant aussi le "gaspillage alimentaire".

Chaque année, 7 kilos de denrées non consommées par Français partent à la poubelle. La totalité des déchets organiques représentent le quart de nos ordures ménagères, soit quelque 100 kilos par habitant et par an, selon le Cniid.

L'autopsie du sac poubelle se poursuit: un carton et des dosettes ayant renfermé du café "très cher", souligne celle qui officie. Il serait préférable d'acheter du café en vrac. Quant à l'aluminium des dosettes, "c'est une ressource non renouvelable et il faut dépenser beaucoup d'énergie pour le produire", ajoute cette militante.

Pour la boîte d'haricots de conserve, "pas d'alternative aujourd'hui", admet-elle, en la classant dans la pile de déchets non évitables. Mais il n'en est pas de même pour les emballages plastiques de repas à emporter.

L'association milite pour l'utilisation de bouteilles en verre recyclable au lieu des cannettes en métal, des bouteilles en plastique ou carton pour les boissons. Et recommande de consommer l'eau du robinet.

Utiliser une éponge à la place de lingettes ménagères, opter pour des couches jetables et d'autres mouchoirs que ceux en papier, c'est aussi conseillé alors que les textiles sanitaires représentent 33 kilos de déchets par an et par habitant.