Marée noire: Halliburton reconnaît qu'un test sur le ciment n'a pas été fait

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Le groupe américain Halliburton a indiqué vendredi que ses propres tests sur le ciment du puits défectueux qui a causé la marée noire du golfe du Mexique étaient différents de ceux présentés par la commission d'enquête et affirmant qu'il connaissait les risques.
Le groupe américain Halliburton a indiqué vendredi que ses propres tests sur le ciment du puits défectueux qui a causé la marée noire du golfe du Mexique étaient différents de ceux présentés par la commission d'enquête et affirmant qu'il connaissait les risques. — Mark Wilson AFP/Getty Images/Archives

Le groupe Halliburton, qui était chargé de réaliser le coffrage en ciment du puits de pétrole ayant causé la marée noire du golfe du Mexique, a reconnu qu'il n'avait pas effectué un test important sur la stabilité du ciment peu avant l'explosion de la plateforme le 20 avril.

Le groupe de services pétroliers est montré du doigt, aux côtés de BP qui exploitait la plateforme, par les conclusions d'une commission spéciale d'enquête sur la marée noire rendues publiques jeudi.

Selon la commission, Halliburton et BP avaient en leur possession dès mars des résultats indiquant que le type de produit injecté serait instable, mais n'ont rien fait.

"Halliburton n'a reçu les résultats que récemment et continue de les passer en revue", a prudemment réagi le groupe de Houston (Texas) jeudi soir dans un communiqué.

Halliburton explique cependant qu'après quatre tests internes sur le ciment utilisé pour le coffrage du puits, BP a ordonné un changement dans la composition du mélange utilisé.

Or, si des tests ont bien été menés sur cette nouvelle formule, "notamment sur le rythme d'épaississement (du ciment) et sa force de compression", en revanche "un test sur la stabilité des mousses n'a pas été conduit", reconnaît Halliburton.

Les conclusions remises à la commission d'enquête créée par la Maison Blanche après la marée noire détaillent les résultats des quatre tests précédents menés par Halliburton sur les matériaux utilisés pour sceller le puits et empêcher toute fuite d'hydrocarbure --et potentiellement une explosion.

Trois de ces tests ont montré que le ciment se révélait instable. Deux ont été conduits en février et un autre en avril, soit avant l'accident.

Un quatrième test, réalisé en avril, semblait indiquer une meilleure stabilité du produit, mais ses résultats n'étaient pas disponibles avant l'explosion.

Selon la commission, Halliburton a pourtant continué à déverser du ciment pour la consolidation du puits "sans disposer d'un résultat de laboratoire indiquant" que le ciment était stable.

Le coffrage en ciment du puits réalisé par Halliburton avait été désigné rapidement comme l'une des causes possibles de l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, qui a provoqué la mort de 11 travailleurs et engendré la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

Halliburton relève par ailleurs dans son communiqué que les résultats de la commission d'enquête "soulèvent une série de questions".

La commission a elle-même fait effectuer des tests par la compagnie Chevron à partir des matériaux fournis par Halliburton. Ces tests ont montré que le ciment était instable.

Le groupe texan note cependant des "différences importantes" entre ses propres tests et ceux de la commission, qui "pourraient être dues à des différences dans les matériaux testés".

En effet, Chevron "a testé du ciment et des additifs prêts à l'emploi, tandis qu'Halliburton a étudié le mélange spécifique de ciment et d'additifs qui était utilisé sur la plateforme", explique le communiqué.