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ACTIVISMEC’est quoi Riposte alimentaire, qui asperge les tableaux de soupe ?

C’est quoi Riposte alimentaire, ce collectif qui asperge les tableaux de soupe ?

ACTIVISMESamedi dernier, Riposte alimentaire a jeté de la soupe sur un tableau de Monet, au musée des Beaux-arts de Lyon. Une action similaire a été réalisée le 28 janvier au Louvre, sur la Joconde
Deux activistes qui participent à la campagne Riposte alimentaire ont jeté de la soupe sur le tableau de Monet au musée des Beaux arts à Lyon.
Deux activistes qui participent à la campagne Riposte alimentaire ont jeté de la soupe sur le tableau de Monet au musée des Beaux arts à Lyon.  - Riposte Alimentaire / Riposte Alimentaire
Elise Martin

Elise Martin

L'essentiel

  • Samedi dernier, un tableau de Monet a été aspergé de soupe au musée des Beaux-arts de Lyon.
  • Une action revendiquée par la campagne Riposte alimentaire, un mouvement de « résistance civile qui vise à impulser un changement radical de société sur le plan climatique et social », explique Till, du groupe lyonnais, à 20 Minutes.
  • Cet activiste est revenu sur les revendications que porte cette campagne et sur les modes d’actions réalisés pour faire réagir la population et les pouvoirs publics.

Ils ont aspergé de soupe La Joconde au musée du Louvre à Paris, le 28 janvier dernier, ont interrompu un débat au Forum européen de la bioéthique à Strasbourg dix jours plus tard, et viennent de réitérer leur action parisienne sur un tableau de Monet, Le Printemps, au musée des Beaux-arts de Lyon. Des actions revendiquées par Riposte alimentaire. Mais alors, qu'est-ce que ce mouvement ? Quelles sont les revendications ? 20 Minutes fait le point avec Till, un membre actif local de cette nouvelle campagne.

Qu’est-ce que signifie Riposte alimentaire ?

Riposte alimentaire est une « campagne de résistance civile qui vise à impulser un changement radical de société sur le plan climatique et social », explique Till. Au total, il y a entre 300 et 500 membres actifs dans cette campagne.

Le mouvement s’est créé dans la continuité de Dernière rénovation, qui a agi pendant un et demi sur la question de la rénovation thermique des bâtiments. Estimant que cette question avait connu des avancées majeures, tant en matière de médiatisation qu’en termes d’engagements politiques – comme l’augmentation de 1,6 milliard d’euros du budget pour ma PrimeRénov’ –, les membres du collectif ont opté pour « changer de cap » et « aller sur un autre sujet », l’alimentation.

Quelles sont les revendications ?

Cette nouvelle campagne, qui souhaite « alerter sur la crise climatique et sociale à venir », réclame « l’intégration de l’alimentation dans le régime général de la Sécurité sociale ». Elle a été votée parmi cinq autres propositions, en fin d’année dernière, confie l’activiste.

« On se base sur trois piliers, développe Till. D’abord, l’universalité. Chaque habitant, habitante, indépendamment de sa condition sociale, bénéficiera d’une carte Vitale de l’alimentation d’un montant de 150 euros par mois. Ensuite, le conventionnement démocratique. Le principe serait d’avoir des caisses locales autonomes qui permettraient d’acheter des produits conventionnés et sélectionnés démocratiquement par des assemblées citoyennes informées des enjeux écologiques et agricoles. Et pour finir, avec le même fonctionnement que pour la Sécurité sociale, le financement se fera par un système de cotisations salariales et patronales, assurant ainsi une juste répartition. » Riposte alimentaire demande alors à l’Etat de débloquer un budget permettant aux collectivités d’ouvrir ces caisses.

Combien de temps cette campagne va-t-elle durer ?

Selon le membre actif, une campagne n’est pas vouée à durer « dix ans ». « En général, on estime que c’est environ deux ans, précise-t-il. C’est variable en fonction du contexte politique et sociétal. La durée de la campagne dépend également des médias. Est-ce qu’ils s’intéressent à nos revendications, à nos actions, de la bonne manière ? On évalue tout ça. Si on trouve qu’on a fait le nécessaire, on s’empare d’un autre combat pour essayer de faire bouger les choses. »

Quelles sont les modes d’actions ?

Mains collées sur le bitume en plein milieu d’une route, s’attacher au filet lors d’un match de tennis lors de Roland Garros ou encore, des jets de peinture sur des bâtiments. Riposte alimentaire réalise le même genre d’actions que Dernière rénovation depuis le début de sa campagne. Ce week-end, c’était de la soupe sur un Monet à Lyon mais « plein d’autres actions sont à venir dans plein d’autres villes en France », prévient le militant.

Il ajoute : « Riposte alimentaire fait partie du réseau international A22 déployé au sein de douze pays qui comprend Just stop oil ou encore Aterställ Vatmarker, connus pour ces modes d’actions de perturbations. Elles sont faites pour alerter. On a pour vocation de mettre des sujets essentiels sur la table dans l’espace médiatique. » Face aux critiques, Till rappelle que le « but de ces campagnes est de parler du fond et que les citoyens et citoyennes s’emparent de ces thèmes-là ».

Alors, à quoi ça sert de jeter de la soupe sur un tableau de peinture ?

« C’est un plus si nos actions peuvent avoir de la symbolique et un lien direct avec la revendication, continue Till. Parfois, ce n’est pas possible donc le but c’est juste d’avoir des processus clairs, qui fonctionnent, et derrière, avoir du temps parole, de l’espace médiatique pour pouvoir parler de la revendication. C’est ça le plus important. Parler de la forme, ça ne nous intéresse pas, c’est juste un moyen d’avoir accès à la parole et susciter l’interrogation, amener la population à réfléchir sur les combats qu’on défend. »

« Il y a un cheminement à réaliser, ça peut prendre son temps. Mais au fur et à mesure, plus on s’y intéresse, plus on comprend », conclut le membre du collectif lyonnais qui invite toutes les personnes curieuses à venir aux réunions publiques d’information.

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