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EnvironnementMoules, mégots… Comment la Braderie de Lille valorise tous ses déchets

Braderie de Lille : Coquilles de moules, mégots… Comment tous les déchets sont valorisés

EnvironnementTout ou presque est recyclable, même les matières ou objets les plus improbables. « 20 Minutes » a sélectionné quelques exemples qui vous feront regarder vos déchets d’un autre œil
Les coquilles de moules de la braderie de Lillesont recyclées notamment en mobilier urbain. (illustration)
Les coquilles de moules de la braderie de Lillesont recyclées notamment en mobilier urbain. (illustration) - M.Libert / 20 Minutes / 20 Minutes
Mikaël Libert

Mikaël Libert

Rien ne se perd, tout se transforme. Avec beaucoup d’imagination et un peu de technique, force est de constater que tout ou presque peut être recyclé. Si cela va de soi pour certains matériaux, comme l’acier, c’est aussi vrai pour d’autres, plus insolites. Et la Braderie de Lille, qui vient de se terminer, est un excellent laboratoire de recyclage des trucs chelou. 20 Minutes vous a préparé un petit « top 5 » des transformations les plus improbables.

De moules à meubles

Si votre cousin Michel est persuadé qu’il peut se réincarner en batracien, pourquoi un fruit de mer ne pourrait-il pas l’être en banc public ? D’ailleurs, c’est même plus probable dans le deuxième cas que dans le premier. Depuis 2018, lors de la mondialement célèbre Braderie de Lille, une entreprise récupère les coquilles des moules servies par tonnes aux millions de visiteurs. 20 Minutes avait évoqué cette initiative à l’époque où elle n’était qu’une expérimentation. « Nous avons dépassé ce stade aujourd’hui, c’est devenu récurrent », assure à 20 Minutes Espérance Fenzi, le patron de Westerial, l’entreprise qui collecte les coquilles.

Le recyclage des enveloppes de mollusques permet de fabriquer un matériau utilisé pour toutes sortes de choses. « On en fait du mobilier urbain, des vasques, des pots à bougie ou encore du carrelage », énumère-t-il. Outre le gisement de la braderie, environ quatre tonnes chaque année, Westerial s’approvisionne aussi du côté des restaurateurs de la baie de Somme, une filière abondante et régulière. Et si le processus de recyclage coûte cher, entre 600 et 700 euros la tonne, « c’est une activité rentable aujourd’hui », insiste Espérance Fenzi.

Le gisement océanique

Le milieu marin est un énorme gisement de matériaux à recycler, naturels ou par le fait de l’homme. Si l’on prend encore comme exemple la Braderie de Lille, les chineurs auront peut-être remarqué l’inscription figurant sur les écocups dans lesquelles ils dégustaient leur bière. « Le p’tit vert », un gobelet « conçu à partir de bio plastique d’algues », était proposé dans de nombreux bars et stands, pour un euro de plus et réutilisable à volonté tout au long du week-end.

Dans un autre genre, une Nordiste avait lancé, en 2018, sa marque de vêtements de plage dont la matière première est les déchets plastiques récupérés dans les océans. Plus récemment, c’est une habitante de l’Oise cette fois qui s’est lancée dans la fabrication de maillots de bain tissés avec du nylon de filets de pêche récupérés au fond des mers.

Le pipi qui fait pousser

Une autre expérimentation devait être menée au cours de la Braderie de Lille et récupérant l’urine des bradeux pour en faire du fertilisant destiné aux espaces verts de la municipalité. L’idée avait été lancée en 2019 pour un test l’année suivante, mais c’était sans compter sur l’épidémie de Covid-19 et l’annulation de l’événement deux années de suite.

Si l’initiative est tombée à l’eau, ça ne veut pas dire que l’ambition était farfelue. Loin de là. La SCOP Ecosec, qui devait se charger des milliers de litres de pipi de bradeux, a développé un procédé qui fonctionne parfaitement pour valoriser l’urine en fertilisant. Soit directement du producteur au consommateur, par irrigation des plantes avec un goutte-à-goutte enterré, soit grâce à un procédé de récupération des nutriments (phosphore et potassium) présents dans le précieux liquide. Ce n’est pas si extraordinaire d’ailleurs, et les récupérateurs d’urine s’installent désormais un peu partout selon l’Ademe, Futuroscope, collèges, lycées, infrastructures sportives…

Mégots multi-usages

Fumer tue et les mégots polluent. Saturés de substances toxiques, traînant une vieille odeur de cendrier de fin de soirée, les filtres de clopes n’ont rien pour faire rêver. Pour autant, ils sont tout de même recyclables. 20 Minutes avait évoqué la start-up lilloise Tchao mégots dont le procédé permettait de transformer les mégots de cigarettes en matière isolante, utilisée notamment dans le doublage de doudounes.

Mais le recyclage des filtres d’indus ne s’arrête pas là. Une autre entreprise, Smoky, en tire une matière pour fabriquer du mobilier d’intérieur ou du rembourrage pour coussins. « Mégo ! » en fait du mobilier urbain, « Eco mégot » des panneaux de sensibilisation…

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