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PloufL’ARS Bretagne devra modifier le classement biaisé des eaux de baignade

Bretagne : Accusée de tromperie, l’ARS condamnée à modifier le classement des eaux de baignade

PloufL’association Eau et rivières de Bretagne estime que certains résultats non pris en compte tronquent les résultats de la qualité de l’eau
Le classement de la qualité des eaux de baignade de l'ARS Bretagne omet certains résultats compromettants qu'il faudra intégrer.
Le classement de la qualité des eaux de baignade de l'ARS Bretagne omet certains résultats compromettants qu'il faudra intégrer. - C. Allain/20 Minutes / 20 Minutes
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • L’Agence régionale de santé a été désavouée par le tribunal administratif de Rennes qui lui demande de corriger ses classements.
  • Les résultats des mesures de la qualité des eaux de baignade auraient été biaisés par le retrait de certaines valeurs.
  • L’association Eau et rivières de Bretagne estime que 50 plages bretonnes devraient être fermées.

Ils savourent leur victoire. Ce jeudi, les membres de l’association Eau et rivières de Bretagne ont vu le tribunal administratif de Rennes leur donner raison dans leur combat contre l’Agence régionale de santé. L’association accusait l’ARS de biaiser le classement de la qualité de ses eaux de baignade en omettant de prendre en compte certains résultats peu flatteurs. Le tribunal administratif a ordonné à l’ARS de « procéder à la correction des données de classement des eaux de baignade de Bretagne depuis 2016 dans un délai de deux mois ».

Très encadré, le suivi des eaux de baignade autorise les instances à écarter certains mauvais résultats quand ils interviennent lors d’un épisode ponctuel, comme le dysfonctionnement d’une station d’épuration par exemple. La pollution doit être identifiée et rapidement corrigée. D’après l’association, l’ARS aurait plusieurs fois utilisé cette excuse pour retirer des analyses moins glorieuses après des épisodes pluvieux. En Bretagne, les fortes pluies viennent lessiver les sols chargés en produits phytosanitaires et en matière organique, déversant des eaux polluées dans la mer et l’océan. Un phénomène qui concourt à l’apparition des algues vertes mais aussi à la dégradation des eaux de baignade.



En 2021, 98,5 % des 581 sites contrôlés en Bretagne présentaient « une eau répondant aux exigences de qualité en vigueur », assurait l’ARS. Seuls neuf sites du Finistère et des Côtes-d’Armor étaient classés en qualité insuffisante. Selon Eau et rivières de Bretagne, une cinquantaine de plages devraient pourtant être interdites à la baignade si le classement de l’ARS n’était pas biaisé. Une affirme que réfute l’administration qui assure que « seulement quatre échantillons considérés comme des pollutions à court terme sur 1.024 ont été écartés sur le territoire de la mer d’Iroise ». Dubitatif sur cette réponse, le rapport public en avait compté 15. Et noté que deux concernaient la même plage du Château à Landunvez, commune aux 12.000 cochons où un projet de porcherie géante a été validé.

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