Environnement : Après les particuliers, un « Vinted » pour les entreprises ?

achats responsables Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans la démarche

Caroline Delabroy
Un employé de la société Largo travaille au reconditionnement de smartphones. (Photo d'illustration)
Un employé de la société Largo travaille au reconditionnement de smartphones. (Photo d'illustration) — AFP
  • La question des achats responsables était au centre des débats, lors du salon de l’économie sociale et solidaire de la région Paca, jeudi à Marseille.
  • Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans une démarche de labellisation. Et selon l’Observatoire des achats responsables, elles se tournent par exemple vers le marché de la seconde main pour les téléphones portables des salariés.

Du mobilier de bureau d’occasion, des téléphones reconditionnés, des photocopieurs issus du rééemploi… Les particuliers qui font le succès de Vinted n’ont pas l’apanage de l’achat responsable. Contraintes par la législation, notamment par la loi antigaspillage pour une économie circulaire, les entreprises et collectivités s’y mettent aussi. C’est même, selon l’Observatoire des achats responsables, une tendance de fond, amplifiée encore par l’actualité. « La crise énergétique pousse les entreprises à s’intéresser à ce sujet-là », affirme ainsi Nathalie Paillon, directrice des études et des opérations au sein de l’Observatoire, lors du salon de l’économie sociale et solidaire de la région Paca qui se tenait jeudi à Marseille.

Réduire au maximum les impacts négatifs

« La dynamique est là, poursuit-elle. Près de 9 organisations sur 10 ont au moins commencé à s’engager dans cette démarche. » Mais qu’est-ce qu’un achat responsable ? « C’est un achat qui a un impact favorable sur tous les enjeux sociétaux et environnementaux, et qui dépasse la vision du prix », énonce Ludovic Zékian, du service de médiation des entreprises proposé par le ministère des finances. « C’est l’achat à travers lequel on va réduire au maximum les impacts négatifs, sur l’ensemble de son cycle de vie », complète Nathalie Paillon, pour qui trois leviers sont essentiels : le produit que l’on achète, le fournisseur du produit, et la relation avec ledit fournisseur, dans lequel entre par exemple les délais de paiement.

La démarche d’achat responsable s’appuie sur une charte et un label. « Les entreprises viennent souvent nous voir car la note achat responsable plombe la note globale RSE (responsabilité sociétale des entreprises) », poursuit Nathalie Paillon. L’ampleur du sujet des achats n’est évidemment pas le même si l’on est une grande entreprise, une PME, une collectivité publique ou un petit entrepreneur, mais tous ces acteurs sont représentés dans les labellisés et candidats au label. Et le marché de la seconde main est « une vraie problématique » estime Nathalie Paillon, qui relève que « de plus en plus d’organisations n’achètent que des mobiles reconditionnés, cela a pris un essor inégalable ». Reste la question du « sourcing » des vendeurs responsables. A ce stade, un annuaire n’est pas encore à l’ordre du jour.