Eau : Attention à la consommation malgré le retour des pluies

ENVIRONNEMENT La majorité des nappes phréatiques en France ont continué de se vider en septembre, alerte le Bureau de recherches géologiques et minières

20 Minutes avec AFP
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La rivière Tille complètement à sec dans le village de Lux, en Côte d'Or, à 20 km au nord de Dijon, le 6 août 2022
La rivière Tille complètement à sec dans le village de Lux, en Côte d'Or, à 20 km au nord de Dijon, le 6 août 2022 — KONRAD K./SIPA

En France, la terre a soif. A la suite des sécheresses de l’été, la majorité des nappes phréatiques ont continué de se vider en septembre et même si la saison pluvieuse approche, il est nécessaire de maintenir la limitation de la consommation d’eau pour préparer 2023, avertit ce jeudi le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

« Même si elle ralentit, la vidange se poursuit sur une grande partie du territoire, avec une majorité de nappes en baisse » en septembre, affirme l’établissement public français géologique dans son bulletin mensuel.

Une situation préoccupante en Provence

« De nombreuses nappes affichent toujours des niveaux peu satisfaisants, de bas à localement très bas » et la situation est « particulièrement préoccupante » en Provence. « Le début de la période de recharge semble se profiler et les tendances des nappes devraient progressivement s’inverser dans les prochaines semaines », espère l’établissement. Moins touchés, le sud et l’est de la France, où « les niveaux sont en hausse ou stables », mais « uniquement sur les secteurs arrosés abritant des nappes réactives », prévient l’établissement.

L’inquiétude vient plutôt de l’étiage 2022 , c’est-à-dire le point bas des eaux, qui « est particulièrement sévère sur les nappes, à l’exception du sud-ouest. Le BRGM relève « des niveaux à l’entrée d’hiver nettement inférieurs à ceux de l’année dernière » et prévient : « L’unique solution pour préserver l’état des nappes (…) et préparer l’année 2023, est de limiter les prélèvements ». Ce qui veut dire, consommer moins d’eau.

Après un déficit record de pluies au printemps et en été, la France affronte une sécheresse historique aux multiples conséquences, notamment pour l’agriculture ou la production d’électricité. Malgré le retour de précipitations importantes fin septembre, « la part des pluies infiltrées en profondeur reste faible en raison de sols très secs et de la consommation de cette eau par la végétation. » Et d’ajouter : « Des pluies abondantes et longues seront nécessaires dans les prochains mois et jusqu’au printemps afin de reconstituer durablement les réserves. »